Parmi les décombres des régions touchées par le tsunami du mois de mars, des objets en tout genre, des souvenirs et de l’argent. Ce sont en tout 60 millions d’euros qui ont été retrouvés et rapportés aux autorités.

Voici la preuve, si nécessaire, que les Japonais sont un peuple qui porte l’honnêteté et l’intégrité en valeurs fondatrices. Depuis le début des opérations de nettoyage dans les trois préfectures les plus ravagées par le tsunami du mois de mars, la population, les secouristes et les pompiers ont restitué 37 millions d’euros en espèces, récupérés dans les débris. Cet argent a été retrouvé dans des portefeuilles et dans divers sacs ou boites qui faisaient office de bas de laine. S’ajoutent à cette somme 23 millions d’euros qui se trouvaient dans près de 5700 coffres-forts, eux-aussi emportés par les flots.

Soit en tout 60 millions d’euros qui ont atterri au fur et à mesure dans le bureau de Kouetsou Saiki, l’officier de police de la préfecture de Miyagi en charge de la collecte, de l’identification et de la restitution des fonds retrouvés.  « Les gens me disent qu’ils veulent juste que cet argent retourne à son propriétaire. Tout le monde veut aider son prochain, nous avons tous souffert du tsunami. Nous ne pensons pas au gain personnel », raconte-t-il. Kouetsou Saiki se rappelle de dizaines d’anecdotes. Comme cette simple et banale enveloppe qui contenait 30 000 euros en yen ou cette vieille dame qui a trouvé 19 000 euros dans un portefeuille flottant dans une flaque. De telles sommes peuvent surprendre mais, au quotidien, les Japonais utilisent bien plus les espèces que les Français.

A ce jour, sur les 23 millions récupérés dans des coffres-forts, seuls 380 000 euros n’ont pas pu être rendus à leur propriétaire. Et la préfecture de Miyagi a aussi pu restituer 16 millions d’euros, pourtant retrouvés en espèces. D’après la loi Japonaise, s’il n’est pas réclamé dans les trois mois, l’argent revient à celui qui l’a rapporté. Mais comme la plupart a renoncé à ce droit, ce sont les autorités qui devraient hériter de cette manne. Le gouvernement devrait reverser la somme à un fonds consacré aux victimes du tsunami.

Tristan Lavier, correspondant Japon-infos à Tokyo.

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