Révision de la Constitution : approche prudente pour Abe

Alors que le Premier ministre, Shinzo Abe, souffre d’un manque de soutien concernant la révision de la Constitution pacifiste du Japon, il a annoncé qu’il passera des mois à avancer vers la première étape de cette modification.

Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe (© Eric Draper)

Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe (© Eric Draper)

Le premier objectif est de modifier l’article 96 de la Constitution, qui stipule qu’une révision constitutionnelle requiert l’approbation des deux tiers des législateurs des deux chambres de la Diète. « Avoir besoin des deux tiers est une barre trop élevée », a dit le Premier ministre. « Je ne pense pas que la proposition passera ainsi ». Le parti libéral-démocrate compte diminuer la majorité requise des deux tiers des membres à la moitié, le parti étant majoritaire.

La Constitution du Japon n’a jamais été révisée après la 2e guerre mondiale. Selon les procédures imposées par l’article 96, après qu’un tel projet soit proposé à la Diète, un référendum national doit suivre. De ce fait, Abe compte aussi diminuer l’âge de vote pour les référendums à 18 ans. Toutefois, il a besoin de temps pour voir si ses plans sont réalisables. Les sondages d’opinion montrent que la population se préoccupe davantage des problèmes économiques que des révisions constitutionnelles. Le Premier ministre avait déjà projeté ce plan quand il était au pouvoir de 2006 à 2007.

Finalement, ce seront les Japonais qui décideront de la révision de la Constitution concernant ces points-là. Shinzo Abe reconnaît qu’il ne peut pas agir précipitamment et qu’il est important de ne sauter aucune étape en laissant le débat national se faire.

Bouyssou Claire – source : Asahi Shimbun