Le ministre japonais de la Défense : Satoshi Morimoto (DoD Photo By Glenn Fawcett)

La Corée du Nord, connue pour ses actions armées imprévisibles, a mis sur le qui-vive les forces militaires japonaises et des pays voisins en lançant un missile balistique au-dessus de l’océan Pacifique, prétextant qu’il contenait un satellite mis en orbite avec succès.

Le lancement de ce missile a marqué un progrès significatif dans la quête de Pyongyang de trouver un moyen d’atteindre le Japon et ses autres pays voisins à l’aide de missiles balistiques. Le dernier essai avait eu lieu en avril dernier, soldé par un échec. D’après le ministère de la Défense, le missile s’est séparé en plusieurs parties ayant échoué dans différentes parties de l’océan, les derniers débris étant tombés non loin des Philippines, à 300 kilomètres à l’Est. Le gouvernement a déclaré que le passage du missile au-dessus de l’Ouest de la préfecture d’Okinawa représentait “une provocation grave”. Toutefois, aucun dégât ou débris n’a encore été constaté sur l’archipel.

Le Premier ministre, Yoshihiko Noda, a déclaré que le lancement de ce missile était “regrettable et innaceptable” et qu’il souhaitait “prendre des mesures avec la communauté internationale contre la Corée du Nord”. Le ministre de la Défense, Satoshi Morimoto, a rajouté que “cela causerait de graves problèmes de sécurité” et que le Japon devait “augmenter leurs capacités de défense le plus possible”.

Pyongyang a insisté en réaffirmant la mise en orbite d’un satellite mais le Japon, la Corée du Sud et les Etats-Unis y voient une couverture pour dissimuler des tests sur la technologie ICBM (missiles balistiques intercontinentaux). Cela représenterait donc à la fois une menace pour les pays voisins de la Corée du Nord, mais aussi pour les Etats-Unis. Le secrétaire du cabinet du Premier ministre, Osamu Fujimura, a déclaré que le Japon “s’attendait à ce que la Corée du Nord tire un missile dans les prochains jours” mais ne pensait pas que cela serait fait aussi tôt.

Des sanctions devraient être prises durant le conseil de sécurité. Tôkyô a déployé rapidement son système anti-missiles balistiques dès que le lancement a été signalé et a surveillé de près le chemin pris par le missile. Lors du lancement en avril, le gouvernement a fait face a des critiques sévères concernant sa réticence à divulguer des informations. Cette fois, une annonce a été faîte 10 minutes après le constat du lancement d’un missile par Pyongyang.

Bouyssou Claire – sources : The Japan Times, The Daily Yomiuri