Carnet de voyage : Ma famille d’accueil

La famille telle que je m’attendais à la voir (© Cécile Neveu)

Cela fait quelques jours maintenant que je vis avec ma famille d’accueil. Si ce type de résidence (si on peut dire) me semblait un bon choix à première vue, les jours avant mon départ je commençais à croire que c’était une fausse bonne idée et ma discussion la veille du voyage avec une amie ayant expérimenté ce système n’avait rien fait pour me réconforter.

Selon cette jeune femme les familles d’accueil :

• Étaient parfois des voleuses (1000 Yen par jour + frais d’essence lors de sorties).
• Avaient peur de notre appétit.
• Avaient peur que l’on n’arrive pas à s’asseoir sur les toilettes.
• Pouvaient nous virer sans préavis.

Bon, je dépeins un peu tragiquement notre échange mais lorsque vous êtes un peu stressé vous ne retenez que le pire du pire.

Bref vous imaginez un peu l’état d’esprit dans lequel j’étais ? Non ? Si ?

J’explique, je suis une jeune femme d’origine antillaise d’1m70 pour je ne sais pas combien de kilos enfin si je le sais mais ça ne vous regarde pas, on va dire que je suis bien en chair.

Donc l’idée de devoir vivre avec des Japonais m’inquiétait car j’avais peur qu’ils me prennent pour une géante, de faire des trous dans le sol, de casser des chaises, et tout un tas d’autres idées particulièrement absurdes je le reconnais.

Je suis arrivée un lundi, donc ils travaillaient de fait, toute la famille ne m’attendait pas en kimono autour d’une tasse de thé, quelle déception !

 

La famille telle qu’elle était. Tout le monde au boulot personne à la maison.

J’ai donc commencé par faire connaissance avec ma maman d’accueil et abordé la question du loyer.

Nous avons fixé un montant de 350 Euros pour trois semaines et demi, cela peut paraître excessif mais sachant que j’ai accès à internet, à la douche et au frigo de façon illimité, que je ne paie pas les courses (j’ai même le droit de choisir ce qui me fait envie) et que je ne participe pas non plus aux frais d’essence je trouve cela raisonnable.

Elle m’a expliqué que dans la famille tout le monde avait des horaires différents et que du coup, ils se croisaient plus qu’autre chose. Il m’a en effet fallu deux jours pour rencontrer tout le monde en sachant qu’ils ne sont que cinq.

Monsieur Papa, et la fille aînée travaillent et rentrent entre 21h et 23h, le fils aîné a des horaires variables dépendants de ses cours et de son arubaito (job étudiant), et le dernier qui n’a que 18 ans est en général le premier à la maison.

 

Une maison japonaise comme une autre

Le fonctionnement à la maison est assez simple; maman fait le ménage, les lessives et le dîner. Les enfants mettent la table, débarrassent leurs plats et les lavent et chacun prépare son petit-déjeuner seul. Ils leur arrivent parfois de donner un coup de main pour le ménage mais en général elle s’en occupe seule.

J’observe rarement de moment dit « en famille », je les ai vu une seule fois pour l’instant regarder la télévision tous ensemble, les repas qui réunissent tout le monde sont rares même pour l’anniversaire de l’aîné, le père et la sœur ne sont pas rentrés plus tôt. Ils ont eu l’air de se rappeler qu’il y avait un anniversaire lorsqu’on a parlé de gâteau. Peut-être que les japonais n’attachent pas autant d’importance que nous à ce genre d’événement.

Mis à part ça ils ont l’air de bien s’entendre, ils se taquinent, parlent boulot, comme n’importe quelle famille.

Ce système de résidence est avantageux lorsqu’on souhaite connaître la vie d’une famille, améliorer son japonais, découvrir la culture et les plats dits traditionnels.

Cela dit, il peut arriver qu’on tombe dans une « mauvaise famille » qui demande une pension excessive et vous loge dans de mauvaises conditions. Il faut donc penser à se renseigner et ne pas avoir peur de poser des questions. Et surtout savoir qu’en faisant ce choix on aura beaucoup moins d’intimité que dans un hôtel, on peut se retrouver assez gêné lorsqu’on ressent le besoin d’aller aux toilettes pour la grosse commission (ne faîtes pas cette tête on y va tous non ?) parce qu’il n’y a pas toujours de désodorisant.

En outre, vous trouverez des maisons voire même des restaurants où l’on doit retirer ces chaussures, je tiens à le préciser pour ceux qui ont de petits problèmes d’odeurs à ce niveau. Par ailleurs, ce système est un bon moyen de savoir qui est à la maison.

Alors on peut dire au vu des chaussons présents que oka-san, onee-san et onii-san ne sont pas là.

Vivre avec eux permet de faire tomber certains des stéréotypes que j’avais concernant l’attitude des japonais, je m’explique.

Premier repas en famille, après avoir mangé on se pose devant la télé et là j’entends un bruit incongru, surprise je me demande si j’ai bien entendu ce que je crois avoir entendu, rien, silence. Du coup,  je pense m’être fourvoyée et me concentre pour essayer de comprendre ce qu’ils racontent dans l’émission. Le lendemain nouveau déjeuner et là non seulement j’entends mais je vois aussi; ma maman d’accueil vient de me roter en pleine figure! (si on peut dire) Le choc! Ce peuple si distingué fait ce genre de chose?!! NON?! Et bien si, ils rotent et vont même jusqu’à péter quand le besoin se fait ressentir (par contre ils ne pètent pas quand je suis dans la pièce).

Est-ce une particularité de cette famille ? Je ne sais pas mais j’avoue avoir été très surprise la première fois. Aaah et ils se mouchent aussi ! Moi qui venait de passer trois jours à renifler, j’ai un peu eu les nerfs lorsque je les ai vu prendre un mouchoir et se, comment le dire poliment..? Se débarrasser le nez. Voila!

Je pensais par ailleurs que les Japonais étaient pudiques jusqu’à ce que le fils ainé se ramène en boxer dans le salon ce qui n’a choqué personne à part moi. On peut dire que je suis totalement intégrée après ça, enfin, sauf par les chats qui continuent de me battre froid (je dois être trop grande pour eux.)

Pour le moment je ne regrette pas mon choix, ma maman d’accueil fait de son mieux pour me faire sortir et quand elle ne peut pas, elle passe le relais à ses amies.

Dans la prochaine chronique je vous parlerais mobilier, appareils ménagers, programmes télé, oui oui vous avez bien lu et je parie que vous trouverez cela utile…ou pas!

A bientôt !

Axelle