Le 31 mars dernier, la Cour Internationale de Justice à la Haye a interdit au Japon de distribuer des permis pour participer à la chasse annuelle aux baleines en Antarctique cette année, qui permet d’abattre environ 1000 baleines. Elle accuse le pays de vouloir chasser à des fins commerciales au lieu des raisons scientifiques prétextées.

Graphique sur le nombre de baleines pêchées selon leurs espèces, de 1985 à 2010. (source : Swift, modifié par Grolltech)
Graphique sur le nombre de baleines pêchées selon leurs espèces, de 1985 à 2010. (source : Swift, modifié par Grolltech)

Le Japon fait partie de la Commission baleinière internationale, qui a été créée à la fin de la Seconde Guerre Mondiale afin de réglementer la chasse à la baleine. Officiellement, elle défend la chasse à la baleine comme étant une tradition culturelle et prétend que les chasses réalisées au nom de la recherche se faisaient dans le but de montrer que la chasse commerciale pouvait reprendre sur le long terme. Le Japon pratique cette chasse depuis le 12e siècle, mais s’est étendue à l’Antarctique à partir des années 1930.

Après le jugement rendu par la Cour Internationale de Justice, le Japon s’est dit très déçu de cette décision. Un ancien officiel du département de pêche, Masayuki Komatsu, a déclaré que le Japon avait perdu la passion de la pêche aux baleines et qu’il ne s’était pas assez bien défendu devant la Cour. La chasse à la baleine de la saison 2014-2015 est donc annulée pour le Japon.

Les associations qui luttent contre la chasse à la baleine (comme l’organisation Sea Sheperd) avaient déjà mis en lumière les problèmes de ces chasses tolérées au soit-disant nom de la science, qui ne sont pas inhérents au pays nippon. Ils ne sont pas dupes face à la décision prise par la Cour et s’attendent à ce que le Japon essaye de la contourner. Après tout, le Japon peut lui-même faire son programme de recherche séparément et partir à la chasse à la baleine de son côté, notamment dans les eaux du nord du Pacifique. Cela dit, il devrait quitter la Commission baleinière internationale s’il compte agir ainsi, comme le préconise les plus fervents défenseurs japonais de la chasse à la baleine pour des buts commerciaux.

Cependant, cela saperait les efforts du Japon qui aimerait conserver une certaine image quant au respect des règles internationales, plus particulièrement concernant le conflit territorial avec la Chine. Sans compter que la consommation de la viande de baleine par les consommateurs japonais est en baisse ces dernières années. Seules les subventions de l’État permettent au programme de chasse à la baleine d’exister encore.

La bataille entre le Japon et les associations anti-chasse à la baleine n’est pas terminée. L’Institut de Recherche sur les Cétacés soupçonne le Japon de vouloir re-définir son programme de « recherche » pour pouvoir être accepté à la saison 2015-2016.

Claire Bouyssou – sources : The Japan Times 1, The Japan Times 2

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12 Commentaires

  1. En dehors de toute approche sentimentale – pauvres baleines snif snif – écolo – espèce en voie de disparition- morale – c’est pas bien- il y a les considérations économiques : la pêche est entièrement subventionné par l’Etat car non rentable, les Japonais n veulent plus manger de baleine et pour l’industrie il y a d’autres produits de substitution moins chers.
    On l’a répété maintes fois, l’argument de la tradition est idiot car avec cet argument on peut justifier même le cannibalisme ( même argument pour la corrida sauf que la corrida est économiquement rentable ).
    Si le Japon veut continuer la chasse qu’il le fasse dans ses eaux comme autrefois ( avant de profiter de la technique occidentale les baleinier japonais ne se sont jamais aventurés très loin, ils chassaient les cétacés qui passaient à proximité des côtés) pour attirer les touristes mais pas dans les eaux internationales mais je doute de la rentabilité de l’affaire donc la aussi sans l’aide de l’argent des contribuables point de chasse.
    Halala pauvre Japon.

    • Quel est l’intérêt pour les autorités japonaises de financer cette pêche ? Y a t-il un puissant lobby de baleiniers ? Y a t-il des emplois à défendre ?
      Parce que je ne vois pas pourquoi l’état japonais se met la planète à dos en subventionnant cette pêche (enfin quand je dis pêche c’est plutôt de massacre dont il s’agit, vu le matériel employé).

      • Mais c’est un truc de yakuza, Telly, les baleines, les dauphins, les thons, et tout ce que la mer apportaient comme nourritures et que les marchands du temple revendaient aux gens. Avec l’industrialisation à outrance ce commerce « traditionnel » s’est transformé en énorme manne financière.
        Oui, le lobby baleinier est puissant au Japon. S’il le faut, ils chasseront les baleines jusqu’aux dernières, quitte à n’en faire que des pâtées pour chiens et chats, comme ils pêcheront les thons rouges jusqu’aux derniers…
        Ca rigole pas avec les pêcheurs, Telly. Même en France! Dès qu’on touche à leurs subventions, ça devient violent. La mer, ce n’est pas un endroit pour les tendres. Pêcher est un métier très dur. Ils ne lâcheront pas le morceau.

        Et les pauvres poiscailles! On y pense pas aux pauvres pouscailles.
        Ils sont un peu moins mignons que les dauphins avec leur aspect froid et bébête, leurs yeux globuleux et leurs écailles qui puent.
        Va falloir quand même penser à sérieusement freiner sur la pêche si on veut encore profiter des sushis pendant longtemps…

        • On nous dit que les Japonais consomment de moins en moins de viande de baleine donc ça va finir par ne plus être rentable!
          Quand aux poissons quand il n’y aura plus de dauphins et de requins pour les bouffer, on pourra finir de les exterminer tranquillement! On fera des sushis avec du thon d’élevage et on ne nous fera plus chier avec des thons vendus des fortunes puisqu’ils seront tous dégueulasse à becqueter!
          En tout cas moi j’ai signé une pétition contre la pêche en eaux profondes (voir sur mon blog).

        • Non Defrey, ce n’est pas un truc de yakuza, c’est la même chose en France quand l’Etat subventionne des entreprises privées et publiques non rentable pour protéger les emplois et donc convaincre les électeurs de voter pour ceux qui leur ont donné des subventions. C’est ainsi qu’au Japon l’agriculture est totalement coupée de la réalité de la concurrence pour des raisons électorales, qu’en France qu’au non de l’exception culturelle le cinema français produits des films  » d’art  » que personne ne va voir, qu’on entretient au frais du contribuable des pseudo artistes qui n’intéressent qu’une minorité bobo nombriliste pérorant à la TV et méprisant le bas peuple, qu’on à ce régime extravagant d’intermittent du spectacle qui prenne en otage les événements culturels dont ils devraient plutôt être au service. C’est pour ça que Montebourg voulait nationaliser Florange, pour ça que tous les gouvernements soutiennent des entreprises non rentables ou ne veulent pas que la concurrence s’installe dans ses affaires comme avec le rachat de SFR et bien sur même chose pour les banques qui auraient du faire faillite mais qui coutent une fortune à redresser.
          Oui, d’une certaine façon c’est un système mafieux et c’est le principal défaut de la démocratie, que les élus se servent de l’argent public pour continuer d’être élus.

          • Oui, l’état entretient de pseudo-artistes qui n’intéressent personne! Voir ce ridicule sapin sur notre magnifique Place Vendôme.
            Ignorance, mauvais goût, superficialité, sont les premiers à se pousser en avant pour être au pouvoir.

  2. La science de l’alimentation a beaucoup progressé depuis un demi-siècle.
    On redécouvre l’immense valeur nutritive des algues, des légumes, des céréales.
    Par contre, viande et poisson n’apporte pas grand chose, quand ils ne sont pas déconseillés.

    Le prédateur appelé homme a déjà détruit la moitié du peuple des poissons. Et les parasites comme les médusent ont doublé.

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