Présidé par Bertrand Tavernier, l’Institut Lumière de Lyon organise, du 29 août au 5 novembre, une rétrospective dédiée au cinéaste japonais Akira Kurosawa décédé en septembre 1998.

Dix ans après sa disparition, le cinéaste japonais Akira Kurosawa sera au coeur d’une rétrospective à l’Institut Lumière de Lyon. 26 de ses films seront projetés: films de samouraïs, fresques historiques, films policiers, chroniques sociales, films d’aventure… Une programmation qui a pour ambition de présenter une large incursion dans la filmographie éclectique du cinéaste. »Rashômon », son film sans doute le plus célèbre, tourné en 1950, sera projeté au cours de la soirée inaugurale. Un film récompensé l’année suivant par l’Oscar du meilleur film étranger et un Lion d’or au Festival de Venise.

Kurosawa Akira est né à Tokyo en 1910. Il appartenait à une authentique famille de samouraï. Attiré dans un premier temps par la peinture, il a suivi les cours de l’académie des beaux-arts de Tokyo, avant de s’orienter vers le cinéma à l’âge de vingt-six ans. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il met en scène son premier film, la « Légende du grand judo » (Suta Sanshiro, 1943). Mais c’est avec deux films humanistes, « Je ne regrette rien de ma jeunesse » (Waga seishun nichiyobi, 1946) et « Un merveilleux dimanche » (Subarashiki nichiyobi, 1947), qu’il s’impose. Il réussit ensuite un film noir, « L’Ange ivre » (Yoidore tenshi, 1948), qui révèle Toshiro Mifune, et enchaîne avec le « Duel silencieux » (Shizukanaru ketto, 1949), « Chien enragé » (Noraini, 1949) et « Scandale » (Shubun, 1950). En 1950, le succès devient mondial avec « Rashômon ». Il devient le premier cinéaste japonais à obtenir une récompense internationale. Le succès des « Sept Samouraïs » (Shichinin no samurai, 1954) lui vaut une reconnaissance mondiale de la part du public et de la critique. « Sa Forteresse cachée » (Kakushi yoride no san akunin, 1958), ira jusqu’à inspirer George Lucas pour son « Star War ». Son premier film en couleurs, « Dodes’Caden » (1970), une adaptation de nouvelles de Shugoro Yamamoto, évocation puissante et sombre de la vie quotidienne dans un bidonville en banlieue de Tokyo, est totalement incompris à sa sortie et coïncide avec une période si noire de la vie de Kurosawa qu’il tente de se suicider peu après le lancement du film. Aujourd’hui, « Dodes’Caden » est généralement considéré non seulement comme l’un des meilleurs films de son auteur, mais comme une œuvre-clé de l’histoire du cinéma. Kurosawa réalise ensuite « Dersou Ouzala » (Dersu Usala, 1975), qui reçoit l’oscar du meilleur film étranger aux États-Unis, « Kagemusha » (1980), palme d’or au festival de Cannes, « Rêves » (Konna yume o mita, 1990) et « Rhapsodie en août » (Rhapsody in August, 1991), deux productions américaines. Il a signé son dernier film au Japon (Madadayo, 1993).

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