Climat : de Kyoto à Copenhague

Après la conférence des Nations Unies sur le climat qui s’est tenue à Bali (Indonésie), les perspectives d’un nouvel accord mondial sur le climat pour l’après-2012 sont bonnes. L’Allemagne poursuivra son objectif ambitieux de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 40 % d’ici 2020, a réaffirmé le ministre fédéral de l’Environnement Sigmar Gabriel devant le Bundestag.

Le réchauffement planétaire s’accroît, de même que la soif d’énergie de l’économie mondiale, entraînant une augmentation des prix énergétiques. Ce scénario nécessite de toute urgence la mise en place d’une stratégie de production d’énergie durable, a déclaré M. Gabriel dans une déclaration gouvernementale. À ce titre, il importe de se tourner principalement vers les énergies renouvelables. Et sur ce terrain, l’Allemagne n’est pas sans ressources.

Mais selon le ministre fédéral de l’Environnement, il est surtout décisif de savoir s’il est possible de concilier protection efficace du climat et développement économique réussi. S’il est vrai que la restructuration de l’économie mondiale requise n’est actuellement qu’à son état embryonnaire, la conférence des Nations Unies, qui a eu lieu en décembre, a toutefois permis de réaliser des progrès considérables.

Le ministre a qualifié le résultat de « bonne base » pour des négociations concrètes comme celles visant à ce que les pays industrialisés et en développement parviennent à un accord climatique plus ambitieux que le protocole de Kyoto. D’après la « feuille de route de Bali » adoptée en décembre, ces négociations doivent déboucher l’année prochaine à Copenhague sur un nouvel accord pour la période s’ouvrant après 2012.

Après de longs débats, les quelque 11 000 délégués réunis lors de la conférence des Nations Unies sur l’île de villégiature indonésienne de Bali s’étaient mis d’accord en décembre pour ouvrir des négociations officielles sur un nouvel accord sur la protection du climat. Ce dernier doit être achevé en 2009 et remplacer en 2012 le protocole de Kyoto actuellement en vigueur. L’Union européenne avait tenté à Bali d’amener dès maintenant les pays industrialisés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 25 à 40 % d’ici 2020. Dans la « feuille de route de Bali », cet objectif n’apparaît cependant qu’en note de bas de page.

L’Europe et l’Allemagne, de véritables pionniers

L’Union européenne avait déjà promis auparavant de réduire d’ici 2020 ses émissions de gaz à effet de serre de 20 % par rapport au niveau de 1990. Si un accord international devait voir le jour, la réduction pourrait atteindre 30 %. Dans ce cas, l’Allemagne a même pris l’engagement de réduire de 40 % ses émissions sur le sol national.

Le ministre fédéral de l’Environnement a invité l’Union européenne à continuer de poursuivre ses objectifs ambitieux de manière ciblée et résolue.

La Commission européenne veut s’exprimer la semaine prochaine sur la manière dont elle compte mettre en oeuvre le paquet énergétique et climatique adopté en 2007. Ce train de mesures prévoit entre autres la réduction des émissions de gaz à effet de serre d’au moins 20 %, l’augmentation de 20 % de l’efficacité énergétique et le développement de la part des énergies renouvelables dans la consommation totale qui devrait s’établir à 20 %.

M. Gabriel a souligné considérer qu’il fallait encore revenir sur certains points de la mise en oeuvre de ce paquet par l’Union européenne. Entre autres, les mesures prises en matière de protection du climat devraient être neutres au regard de la concurrence. Cela vaut par exemple pour l’objectif de limiter les émissions de CO2 des voitures particulières à 120 grammes par kilomètre.

Globalement, il n’y a pas d’autre choix que de réduire à l’échelle mondiale de près de 30 % les gaz à effet de serre émis par les pays industrialisés, et ce d’ici 2020. Bien qu’aucun consensus n’ait été obtenu à ce sujet à Bali, le gouvernement fédéral maintient « son objectif, inscrit dans sa politique nationale de protection du climat, de réduire de 40 % ses émissions de gaz à effet de serre afin de parvenir à l’objectif des 30 % de réduction à l’échelon européen », a souligné le ministre.

Action contre la précarité des combustibles

Face à la forte augmentation des prix énergétiques, M. Gabriel a demandé aux entreprises d’approvisionnement énergétique de proposer sur le long terme un « tarif social » dans toute l’Allemagne. Ceux qui gagnent peu sont précisément victimes de cette envolée des prix. « Dans un pays aussi riche que l’Allemagne, la précarité de l’énergie ou des combustibles n’a pas sa place », a-t-il déclaré.

De tels tarifs sociaux sont déjà offerts aujourd’hui par des sociétés régionales du fournisseur E.ON mais pour une durée limitée et sous certaines conditions. Si cela devait ne pas être qu’une action publicitaire, il faudrait toutefois envisager d’autres mesures, a fait remarquer le ministre.

Le prix de l’électricité a augmenté de 46 % depuis 2000 et celui du gaz, de 100 %. Quant au mazout, l’augmentation est de 70 %. La facture énergétique annuelle d’un foyer de trois personnes est passée de près de 1 300 euros à 2 200 euros depuis 2000.

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