Les judokas de ce pays pourraient bien être supplantés dans des titres majeurs.

Quatre ans après avoir mis le monde du judo en ippon technique avec 10 médailles, dont huit titres, le Japon apparaît menacé par une concurrence tous azimuts, à commencer par celle de la Chine, mais aussi du Brésil, de la France ou de Cuba lors des Jeux olympiques de Pékin 2008. Les épreuves de judo se disputeront du 9 au 15 août.
Les Mondiaux à Rio de Janeiro et les précédents au Caire avaient démontré que l’hégémonie des combattants du pays du Soleil-Levant avait tendance à s’atténuer.
En 2005, les Nippons n’avaient ramené que trois couronnes du Caire. Deux ans plus tard à Rio, ils n’avaient pas fait mieux.
La mise à mal de la suprématie japonaise a été confirmée lors de la compétition par équipes.
A Paris, en 2006, les hommes avaient perdu leur titre mondial détenu depuis 1998 et terminé à la cinquième place. Les filles avaient également cédé leur couronne et avaient dû se contenter du bronze.
Avec en tête d’affiche Ryoko Tamura (-48 kg), qui partira à la conquête d’un troisième titre en cinq rendez-vous, les Asiatiques ne manquent cependant pas de talent.
L’équipe dames a été renouvelée depuis 2004 mais il reste notamment les tenantes comme Auymi Tanimoto (-63 kg) et Masae Ueno (-70 kg).
Côté messieurs, Kosei Inoue, vainqueur en 2000 et triple champion du monde, sera le grand absent du rendez-vous pékinois. Il a manqué sa sélection et a mis un terme à sa carrière. C’est Satoshi Ishii qui a été chargé d’aller chercher l’or le plus convoité, celui des lourds.
Le Japon s’appuiera aussi sur les vainqueurs d’Athènes Masatoshi Uschichiba (-66 kg), Keiji Suzuki, descendu en moins de 100 kg et Maki Tsukada (+78 kg). Enfin, après avoir mis le seul triple champion olympique Tadahiro Nomura à la retraite, Taluaki Hiraoka (-60 kg) est décrit comme la révélation de l’année.
Les résultats de 2004 qui avaient mis en exergue la qualité de judo plus que la puissance physique, ont servi de leçon aux adversaires. Et dans une compétition au niveau très homogène, ils sont désormais nombreux à pouvoir contester l’omnipotence nippone.
Le Français Teddy Riner, successeur annoncé de l’icône David Douillet, se pose comme l’un des meilleurs exemples. Champion d’Europe et du monde 2007, ce colosse de plus de 2 m et 128 kg n’a trouvé personne, pour l’instant, capable de contester son talent autour de la rapidité et des déplacements.
Derrière Riner, la France, 8 médailles et 2 titres à Rio, revient avec beaucoup d’ambitions après un cauchemar à Athènes (1 médaille d’argent). Notamment pour ses dames, championnes du monde par équipes en 2006 et dont tous les membres sont depuis montés au moins une fois sur un podium international.
Mais la contestation viendra aussi du Brésil, impressionnant à domicile à Rio (3 titres). Ou de Chine, avec un groupe très mature emmené par Tong Wen (+78 kg) et décidé à réaliser des exploits devant son public. Voire Cuba, malgré la désertion en mai de la double championne du monde Yurisel Laborde (-78 kg).
A ces leaders s’ajoutent, selon les catégories, des favoris ou outsiders d’horizons variés. De l’Europe, comme de l’Amérique ou de l’Afrique.
Dans une discipline qui subit une mondialisation galopante depuis 2003, le Japon aura fort à faire pour simplement conserver son rang de numéro un.
La confiance est souvent du côté adverse. Ainsi, la Chine dit parier, sauf «erreur impardonnable de préparation», sur Tong Wen (championne du monde) devant Tsukada. Et le patron Song Zhaonian d’ajouter qu’il croit aussi aux succès de Liu Xia (-78 kg), Qin Dongya (-70 kg), Gao Feng (-48 kg)…

R.S

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