Retour à la case départ pour le Japon. Après plus de six années de croissance continue, l’essoufflement pointe le bout de son nez.

Pour la première fois depuis 2002, le gouvernement japonais s’abstient de mentionner le mot « reprise » dans son dernier rapport mensuel sur l’état de son économie, la seconde au monde.

Une omission qui est une reconnaissance implicite de l’entrée en récession. Techniquement, la récession est caractérisée par au moins deux trimestres consécutifs de recul du produit intérieur brut, la richesse produite. Or, si, officiellement le PIB japonais a encore progressé de 1 % au premier trimestre, celui du second trimestre est attendu à la baisse. Et, selon un responsable gouvernemental, « il est possible que l’économie soit déjà en récession ». Cette économie japonaise avait connu une fulgurante ascension entre 1965 et 1970, progressant au rythme de 11,5 % par an, boostée par les achats de voitures, de téléviseurs ou de climatiseurs. Aujourd’hui les choses ont changé.

Consommation en recul

Le Japon est actuellement confronté à un ralentissement de la demande de son principal client, les États-Unis. L’archipel nippon, presque entièrement dépourvu de ressources naturelles, subit, en outre, de plein fouet l’envolée des prix du pétrole et des matières premières.

Pour ne rien arranger, les exportations japonaises reculent elles aussi (-1,7 %), pour la première fois depuis 2003. Du coup, les entreprises voient leurs bénéfices diminuer et s’abstiennent d’augmenter les salaires. Logiquement, les ménages freinent leurs achats : la consommation est en recul constant depuis quatre mois.

Après l’essoufflement des États-Unis, de l’Irlande, de l’Espagne, du Japon, on a envie de poser la question : récession, à qui le tour ?

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