Le 25 septembre dernier, les représentants de l’Imperial Hotel, actuellement géré par le Groupe Mitsui, ont annoncé l’ouverture d’une nouvelle annexe à Sapporo en 2014. Ce sera le quatrième site d’implantation de la société, qui gère déjà des annexes à Tokyo, Osaka et Kamikochi.
Si les hôtels de Tokyo et d’Osaka visent principalement une clientèle d’affaires japonaise et internationale, le site de Kamikochi, dans le département de Nagano, cible lui la clientèle de passage japonaise aisée, plutôt âgée désormais.

Le positionnement stratégique du nouvel hôtel, en face de la Préfecture (très belle bâtisse en briques rouges), est cependant entièrement différent puisqu’il vise nominalement la clientèle touristique chinoise.

En effet, la qualité des paysages et de la neige de la préfecture du Nord attirent de plus en plus de touristes étrangers, australiens et chinois en tête. Les premiers pour une raison évidente (allez essayer de skier à Ayers Rock, vous verrez comme c’est frustrant), les seconds par un effet richesse: les plus riches des chinois évitent les stations du continent et traversent la Mer du Japon pour profiter des services et des équipements des stations hokkaidoises. Hokkaido a donc un fort potentiel touristique et pourrait voir la naissance de stations de réputation internationale, comme Avoriaz ou Megève, mais avec une clientèle principalement continentale (Hong-Kong, Taiwan et autres morceaux de l’Empire du Milieu compris).

Il s’agit cependant plus là d’un pari que d’une réelle certitude. Le secteur de l’hôtellerie japonais plafonne depuis plusieurs années et le seul vecteur de croissance attendue par les acteurs du marché se trouve justement être ces afflux touristiques chinois. Dans le cadre de sa politique de promotion du tourisme, Tokyo a d’ailleurs, en juillet dernier, abaissé le seuil de revenu minimum nécessaire à l’obtention d’un visa touristique (de 250 000 yuans à 100 000) des ressortissants de la RPC. Le Pays comme les entreprises ont donc lié leur destin à la manne chinoise…

Au Japon désormais, la croissance doit être importée.

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