La Chine envoie de plus en plus de navires militaires autour des îles disputées avec le Japon, ceci dans le but de submerger les forces marines japonaises – déjà en infériorité numérique – pour les forcer à les traquer.

Navires
Des navires de guerre américains et japonais en Mer de Chine orientale en novembre 2008 (© Chief Petty Officer Ty Swartz, U.S. Navy)

Une succession de bulletins ont annoncé le déploiement de nombreux navires de guerre pour la défense du territoire chinois. Selon James Holmes, un expert américain de stratégie maritime, l’objectif de la Chine est « d’épuiser les forces maritimes japonaises situées aux alentours des îles Diaoyu/Senkaku ». Ces envois multiples de navires sont aussi un moyen pour le pouvoir chinois en place de montrer au peuple qu’il met tout en œuvre pour défendre la souveraineté chinoise sur ces îles. Toutefois, cela augmente aussi le risque d’un accident ou d’un malentendu entre les deux pays pouvant conduire à un conflit sérieux, comme cela a failli être le cas quand le Japon a accusé la Chine de les avoir provoqués en pointant des missiles sur un de leurs bateaux de défense ainsi que sur un hélicoptère. La Chine a nié les faits mais les États-Unis ont soutenu la version japonaise. Selon des experts, la situation pourrait devenir dangereuse et amener la Chine et le Japon « dans une guerre sérieuse ».

Même si le Japon a encore l’avantage dans cette zone, le rapport de force pourrait s’inverser si la Chine continue à envoyer des patrouilles, malgré que l’accent soit mis sur les ressources de la mer de Chine du Sud. La tension se maintient, particulièrement depuis que la Chine a installé des bouées autour des îles Senkaku/Diaoyu afin de pouvoir récolter des informations sur les opérations japonaises. La Chine a prétendu que « ces bouées sont en territoire chinois et qu’elles sont présentes pour récolter des informations météorologiques ».

Malgré la pression diplomatique, le Japon n’a nullement l’intention d’abandonner ses revendications sur ces îles et ses ressources (pétrole et gaz, entre autres). « Nous ne tolérons aucun défi, que ce soit aujourd’hui ou dans le futur », a déclaré le Premier ministre Shinzo Abe. De plus, une alliance avec les États-Unis oblige ces derniers à défendre le Japon si celui-ci devait être attaqué. La marine japonaise est connue comme étant la plus forte en Asie, ce qui constitue un obstacle de taille pour la Chine, comparé à des adversaires comme les Philippines, pays avec lequel le gouvernement chinois a aussi des contentieux territoriaux.

Claire Bouyssou – source : Asahi Shimbun