La victoire de la coalition au pouvoir lors des élections de la Chambre haute va donner à Shinzo Abe la possibilité de continuer sa politique. La Chine s’inquiète du pouvoir acquis par un Premier ministre réputé nationaliste.

Manifestation anti-japonaise suite à la nationalisation des Senkaku en 2012 (© Yuri Palamarchuk)
Manifestation anti-japonaise suite à la nationalisation des Senkaku en 2012 (© Yuri Palamarchuk)

En effet, la Chine voit un virage à droite de la politique japonaise et ce depuis le retour au pouvoir de Abe. Et les médias et certains experts craignent que les relations entre les deux pays ne se détériorent encore davantage.

Selon Shi Yinhong, professeur de relations internationales à l’Université Renmin de Chine, « Ce ne sont pas les affaires de la Chine si le Japon a un gouvernement stable ou non. Tant que le Premier ministre Abe sera au pouvoir, il sera difficile pour les deux pays de trouver des moyens afin d’améliorer les relations diplomatiques dans un avenir proche ».

Les frictions s’étaient faites plus nombreuses en raison du conflit de l’archipel des Senkaku. Mais la réelle inquiétude pour les Chinois est la porte ouverte donnée par ces élections au projet de modification de la Constitution. Le gouvernement Abe souhaite modifier la Constitution pacifiste du pays afin de pouvoir se doter d’une véritable armée capable de contrer la puissance et l’influence chinoise grandissante dans  cette région du globe.

Liu Jiangyong, vice-doyen de l’Institut des relations internationales modernes à l’université de Tsinghua à Pékin, attend de voir le comportement du Nouveau Komeito, allié du Parti Libéral Démocrate, parti ayant des relations amicales avec la Chine et prudent concernant le projet de révision.

Il pense également que les États-Unis peuvent avoir un rôle important car l’instabilité entre la Chine, la Corée et le Japon fruste le gouvernement américain. Mais « il y a une possibilité que Shinzo Abe n’écoute pas ce que les États-Unis ont à dire » car il n’a eu de cesse de critiquer ses prédécesseurs et leurs « échecs diplomatiques ».

Pierre-Etienne De Lazzer – source : The Japan Times