Taux de chômage en hausse, production au ralenti et Bourse en chute, le Japon présente tous les signes de propagation de la crise. L’anxiété domine après le rejet par le Congrès américain du plan de sauvetage financier.

Le taux de chômage japonais a atteint son plus haut sommet depuis deux ans au mois d’août 2008, tandis que la production industrielle du pays dérapait. Ces signes alarmants s’ajoutent aux incertitudes qui planent au dessus d’une économie au bord de la récession.
Alors que les craintes d’une contagion de la crise des crédits à l’économie mondiale se font de plus en plus vives, les autorités nippones n’ont pu que constater que la Chambre des représentants américains avait rejeté le plan Paulson destiné à assainir le secteur financier américain.
Mardi 30 septembre, la Bourse de Tokyo a clôturé en baisse de 4,12%, son taux de clôture le plus bas depuis juin 2005.
Le ministre japonais de l’Economie a déclaré qu’il espérait que le rejet du plan Paulson n’était que provisoire.

La consommation des ménages plombée par la morosité financière

« Je suis très inquiet, cela aura un gros impact sur l’économie américaine et cela affectera l’économie mondiale », a dit Kaoru Yosano, avant d’admettre que les indicateurs nippons confirmaient l’entrée du Japon dans une phase de ralentissement.
Les offres d’emploi ont atteint leur niveau le plus bas depuis quatre ans, tandis que la consommation des ménages reculait davantage que prévu, ce qui laisse à penser que la morosité des marchés financiers s’est propagée aux foyers japonais.
Les économistes estiment que la production risque de terminer la période juillet-septembre en net recul, pour le troisième trimestre consécutif, en raison de la chute des exportations.

Des regards anxieux vers Washington

Les autorités japonaises placent désormais tous leurs espoirs sur un apaisement du climat politique à Washington après le rejet par la Chambre des représentants du Plan Paulson.
« Le Sénat va s’exprimer plus tard. J’espère que le Congrès va trouver une solution favorable », a déclaré Shoichi Nakagawa, ministre japonais des Finances, lors d’une conférence de presse.
Mardi, les indicateurs de la production industrielle du pays ont montré qu’elle avait reculé de 3,5% en août, une baisse supérieure aux 2,9% attendus par les économistes.
Alors que les perspectives financières sont plus que jamais incertaines, les marchés anticipent un statu quo monétaire de la Banque du Japon qui devrait maintenir à 0,5% ses taux d’intérêt.

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