La décroissance primée au Japon

C’est une vision hétérodoxe de l’économie qu’a récompensée le Japan Prize. Robert Meadows, lauréat de l’édition 2009, s’est fait connaître par ses travaux sur le développement durable et sa critique radicale de la croissance économique.
Moins connu que le Nobel, le Japan Prize récompense chaque année depuis 1985 des personnalités qui ont contribué à la science et à la technologie. Un prix qui a été créé pour « exprimer la gratitude du Japon à la communauté mondiale », peut-on lire sur le site de la fondation chargée de choisir les lauréats.
Le prix 2009 a été remis à un des pionniers de la décroissance : Robert Meadows. En 1972, ce dernier a remis un rapport au titre plus qu’évocateur « Halte à la croisssance ? ». Ce travail lui avait été commandé par le Club de Rome, une association internationale crée en 1968 pour réfléchir aux différents problèmes économiques et sociaux rencontrés par les économies développées ou non.

Le rapport Meadows s’interrogeait sur les limites du modèle de croissance économique reposant sur l’accumulation illimitée de richesses, sans s’intéresser aux conséquences du mode de ce développement sur l’environnement. Il y montrait l’existence d’une contradiction entre les ressources disponibles sur la terre et l’augmentation de la population. Le jury du Japan Prize a motivé son choix : « employant un système de simulation nouveau, son texte démontre que si certains facteurs physiques limitatifs de la terre, comme les ressources naturelles, l’environnement, les terrains ne sont pas pris en compte, l’espèce humaine va vite se retrouver dans une situation critique ». Le club de Rome et Robert Meadows a contribué à développer et populariser l’idée de développement durable, c’est-à-dire compatibles avec les ressources limitées de la terre.

Christophe Bys

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