Tomitsuyu, c’est le nom de maiko, qu’a choisi une jeune fille originaire de Kyôto pour faire ses débuts dans le monde très fermé des geisha. Du Japon à la Nouvelle-Zélande, Tomitsuyu a découvert sa passion et a pris la décision de s’engager dans cette carrière difficile pour devenir maiko.

Jeune maiko - Kyôto (© Thierry Lemoine)
Une jeune maiko – Kyôto (© Thierry Lemoine)

Un visage blanc, des lèvres rouges, un beau kimono, voilà l’image que l’Occident a des geisha !

Une maiko est une apprentie geisha (le terme est utilisé au Japon mais à Kyôto on lui préfère celui de geiko, ainée d’une maiko), une dame de compagnie raffinée et réservée à une clientèle très aisée. Le mot « geisha » se compose de deux kanji (caractères chinois) signifiant « art » et « personne ». Ainsi la définition du mot « geisha » est une femme qui pratique les arts, autrement dit une artiste.

Une jeune fille de Kyôto a décidé de devenir maiko lors d’un voyage linguistique en Nouvelle-Zélande. Tomitsuyu est le nom de maiko qu’elle a choisi pour commencer sa formation. Après ses études, elle prit la décision de partir perfectionner son anglais en Nouvelle-Zélande pendant quatre ans.

Lors de son séjour, elle trouve par hasard sur internet un site tenu par Reiko Tomimori, propriétaire d’une ochaya (maison de thé qui propose, en autres, les services de maiko ou de geiko). Son choix se dessine et le monde des maiko la fascine de plus en plus. En effet, depuis son enfance, sa grand-mère brodeuse de kimono, l’a initié aux traditions de la culture japonaise.

Ainsi, lors d’une visite à sa famille au Japon, elle contacte Reiko Tomimori et lui fait savoir qu’à son retour dans trois ans, elle souhaite devenir maiko. Fidèle à sa parole, de retour au pays à la fin de son voyage d’étude, Tomitsuyu se rend à l’ochaya de Reiko Tomimori et commence sa formation.

À ceux qui lui demandent pourquoi elle a fait ce choix, elle répond que c’est en partie grâce à sa grand-mère, qui la première a suscité son intérêt et son attachement aux traditions japonaises. Elle admet cependant que cet univers l’a toujours captivé mais qu’elle s’en sentait assez loin et qu’elle n’aurait jamais imaginé en faire partie un jour.

De plus, Tomitsuyu est née et a grandi à Kyôto mais ne s’était jamais rendue à Gion (quartier de la ville connu pour ses geisha).

La formation pour devenir maiko est reconnue pour être très stricte et reposant sur des codes bien spécifiques. Tomitsuyu apprendra l’art du spectacle traditionnel, la danse, la pratique de divers instruments de musique (Shamisen, flûte, etc.), la cérémonie du thé, l’ikebana, la poésie, la littérature japonaise ainsi que les manières des geisha.

En Occident, on ignore réellement ce que sont les geisha et on compare parfois ce métier à une forme de prostitution mais il n’en est rien !

Au japon, on constate un déclin considérable du nombre de geisha, à Gion comme ailleurs, le métier est considéré comme appartenant à un autre temps. C’est pourquoi à l’annonce de son choix , la famille de Tomitsuyu, et son père en particulier, se sont inquiétés pour son avenir. Malgré tout, Tomitsuyu a fait ses débuts le 31 juillet dans un événement très médiatisé car très rare.

Pour l’occasion, une foule s’est déplacée incluant des journalistes et des photographes. Habillée du kimono traditionnel et fardée à la manière des maiko, Tomitsuyu a effectué, comme le veut la coutume, la visite des ochaya et des restaurants japonais afin de rechercher des parrainages (qui lui permettront d’amener ses clients dans ces établissements, qui eux obtiendront en contrepartie une partie des gains de la maiko).

En effet, une geiko peut être indépendante et conservera de ce fait tous les bénéfices qu’elle gagnera ou bien dépendre d’une ochaya et dans ce cas c’est l’établissement qui percevra une importante partie des recettes rapportées.

Tomitsuyu espère apporter un autre regard sur le monde des geisha, notamment auprès des Occidentaux et ainsi nous permettre de mieux connaître la culture et les traditions japonaises, dit-elle en souriant.

Elle s’éloigne au son de ses sandales okobo. Majestueuse, femme au teint blanc qui nous emmène un instant, par sa démarche gracieuse, dans un Japon de cultures et de traditions.

Sandra Delord – source : The Japan News