Le 10 avril dernier, le Japon a donné le droit à Taïwan de pêcher dans les eaux des îles Senkaku/Diaoyu, qui sont contrôlées par le Japon mais revendiquées par la Chine et Taïwan. 

Localisation des îles Senkaku/daiyou (en rouge).
Localisation des îles Senkaku/Daiyou (en rouge).

Le fait que le Japon laisse les bateaux de pêche de Taïwan entrer dans sa zone exclusive économique est vu comme une manœuvre permettant d’empêcher le pays de s’allier avec la Chine dans le conflit qui les oppose pour les îles, malgré que le gouvernement taïwanais ait ses propres conflits territoriaux avec le gouvernement chinois. Taïwan le voit comme un moyen d’exploiter conjointement les richesses de cette zone maritime.

Quant à la Chine, elle apprécie peu cet accord. “Nous sommes extrêmement inquiétés de savoir que le Japon et Taïwan ont discuté sur un accord de pêche et qu’ils l’aient signé”, a déclaré le porte-parole du ministre des Affaires Etrangères, Hong Lei. “Nous espérons vraiment que le Japon se soumettra aux promesses concernant le problème de Taïwan et qu’il agira de manière approppriée”, ajoute-t-il. Pour rappel, la Chine et Taïwan se sont séparés au cours d’une guerre civile en 1949 entre les forces nationalistes et les communistes. La Chine n’a jamais renoncé au recours de la force pour ramener Taïwan sous son autorité. Le Japon a seulement des relations diplomatiques avec la Chine et lui reconnait la possession de l’île de Taïwan. Toutefois, le Japon maintient aussi des liens économiques et culturels avec le gouvernement taïwanais.

Cet accord n’est donc pas vu d’un bon oeil par la Chine. Si elle n’a généralement rien à redire quand l’île signe des accords de commerce avec d’autres pays, elle désapprouve ceux qui impliquent une reconnaissance de Taïwan comme un Etat souverain.

Claire Bouyssou – sources : Asahi Shimbun, 1, 2.