Le Japon sous l’objectif de 3 photographes nippons

La troisième exposition du Bal est consacrée à trois photographes japonais
Le nom de l’exposition, Tokyo-E, veut dire en japonais « les images de Tokyo » et aussi « vers Tokyo »
La question qu’elle pose, c’est comment photographier villes, corps et objets, par nature en constante mutation ?
Le sympathique nouveau lieu parisien de la photographie, installé dans une impasse près de la place Clichy, tente d’y répondre avec les oeuvres de Keizo Kitajima, Yutaka Takanashi et Yikishi Watabe. 

© Yutaka Takanashi, Machi, 1975, courtesy Galerie Priska Pasker PasquerYutaka Takanashi en couleur

Yutaka Takanashi est d’abord connu pour son travail dans le magazine Provoke, qu’il a cofondé en 1968. Un travail en noir et blanc, flou, surexposé, expressionniste. Mais c’est un travail en couleur, à la chambre, Machi, qui est proposé au Bal. Takanachi a travaillé en 1975 dans un des quartiers les plus anciens de Tokyo, Shitamachi, où le Japon traditionnel, gagné par les signes de la modernité, était en train de disparaître.

Au milieu des produits ancestraux et des épices des boutiques apparaissent les boîtes de Kleenex et les bouteilles de Coca. Dans une vieille baraque en bois est installé un photomaton.

Ce sont de grands tirages magnifiques, aux couleurs profondes et intenses, que nous livre Takanashi.

 

Keizo Kirajima, de Tokyo à New York

(c) Keizo Kitajima, Eastern, 1983-1984Au début des années 1970, le Japon, comme l’Occident, est traversé par de profonds mouvements de contestation. Keizo Kitajima est né en 1954, a travaillé avec Daido Moriyama. Il se fond dans la foule à Tokyo et aussi à New York ou en Europe de l’Est pour proposer une vision fragmentée et subjective, faisant des photos de façon mécanique, appareil à la hanche.
A Okinawa, il traîne dans les quartiers chauds, à New York, au début des années 1980, dans les coins les plus dangereux de Harlem et de l’East Village, où il capte putes et mauvais garçons ou scènes d’arrestations. Il veut alors « entrer en contact avec quelque chose de toxique, prendre des photographies qui suinteraient le venin ».

Un mur de la salle du sous-sol, qui lui est entièrement consacrée, reprend son expérience de la galerie Camp de Tokyo: pendant toute l’année 1979, Kitajima y a exposé chaque mois une nouvelle sélection d’images qui saturaient les murs de la galerie. Photo Express: Tokyo était comme une performance: le photographe exposait dans la foulée de la prise de vue, tirant parfois ses épreuves directement dans la galerie, alors transformée en chambre noire. Il projetait les images sur du papier photographique déja accroché au mur, puis révélait et fixait les images directement avec une éponge.

Yukichi Watabe, un photographe sur la piste d’un criminel

(c) Yukichi Watabe, A Criminal Investigation, 1958Le troisième travail exposé au Bal est celui de Yukichi Watabe (1924-1993). Le jeune photographe a accompagné en 1958 la police qui enquêtait, après la découverte d’un homme découpé en morceaux.

Au fil de l’enquête policière, présentée comme un film, c’est un Japon inconnu qui apparaît. Celui de lieux désolés ou glauques de l’après-guerre, des boui bouis, des entrepôts, des ruelles crasseuses…

 

Plus d’informations:

Tokyo-E, Le Bal, 6 impasse de la Défense, 75018 Paris, 01-44-70-75-50
Du mercredi au vendredi: 12h-20h
samedi: 11h-20h
dimanche: 11h-19h
nocturne le jeudi jusqu’à 22h
fermé le lundi et le mardi
Tarifs: 4€ / 3€
jusqu’au 21 août 2011

 

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