Le Japon veut renforcer ses liens avec les Etats-Unis

Avec la ré-élection d’Obama, le gouvernement japonais souhaite rapidement consolider son alliance de sécurité avec les États-Unis dans un contexte de fortes tensions avec la Chine.

Le premier ministre Yoshihiko Noda a envoyé un message de félicitation à Barack Obama après sa victoire aux élections américaines le 6 novembre 2012. Il a aussi déclaré que le Japon voulait continuer à coopérer. « Les États-Unis ont pris position pour mettre l’accent sur la région Asie-Pacifique » a déclaré le secrétaire du cabinet présidentiel, Osamu Fujimura. « Alors que la sécurité nationale en Asie de l’Est est critique, nous espérons développer et renforcer l’alliance entre notre pays et les États-Unis ». Tôkyô espère pouvoir arranger une rencontre entre Noda et Obama pour évoquer l’affermissement de leurs capacités de défense face à l’expansion de la force navale chinoise dans la région, devenue très sensible depuis le conflit pour l’acquisition des îles Senkaku/Diaoyu.

Barack Obama et Yoshihiko Noda en avril 2012 (© Pete Souza)

Mais des inquiétudes grandissent à propos du départ probable de Kurt Campbell, le secrétaire américain des Affaires étrangères spécialisé dans les affaires de l’Asie de l’Est et du Pacifique et qui est particulièrement expérimenté sur le sujet de la politique japonaise. Il y a donc de fortes chances de remaniement de l’équipe chargée de l’Asie durant le second mandat d’Obama, alors que la nouvelle génération ne comporte aucun expert sur le Japon. D’autres problèmes sont aussi à soulever, comme la présence de bases américaines à Okinawa, largement contestée par les habitants de l’archipel, à cause de polémiques tels que les crimes commis par deux militaires de la marine américaine, accusés de viol. La relocalisation de la base militaire de Futenma (toujours située à Ginowan, préfecture d’Okinawa) dans un endroit moins densément peuplé, pose toujours problème, les aéronefs Osprey étant pointés du doigt pour leur fiabilité incertaine en matière de sécurité, sans compter l’hostilité croissante de la population d’Okinawa. Mais le ministre japonais des Affaires étrangères, Koichiro Genba, a assuré que le Japon ferait tous les efforts possibles pour éviter de miner leur collaboration.

Une mauvaise situation économique, ajoutée aux conflits territoriaux avec ses voisins, devrait amener le Japon à accepter le partenariat de libre échange (TPP, ou Trans-Pacific Partnership) proposé par les États-Unis, qui inclut déjà onze pays, afin de relancer l’économie stagnante du pays. Toutefois, ce projet rencontre une opposition, que ce soit du côté américain ou japonais, qui y voit une ouverture à la concurrence.

Claire Bouyssou – sources : The Japan Times, Asahi Shimbun