Le jeu de go et son vocabulaire

Une petite pause aujourd’hui dans la série sur les expressions du corps, pour parler du jeu de go. Comme beaucoup d’Occidentaux amateurs de mangas et d’anime, j’ai découvert le go grâce à Hikaru no go. Comme beaucoup, la série m’a donné envie de pratiquer mais une fois le manga terminé, je me suis vite découragée.

Go

Le kanji de Go

Cependant, mon attirance pour ce jeu aux règles simples et subtiles, d’une profondeur infinie, ne s’est pas tarie. Fascinée et perplexe devant ce plateau vide qui semble offrir toutes les libertés (et surtout celle de faire n’importe quoi, pour les novices !), j’ai décidé de m’y remettre un peu. Je ne vais pas vous expliquer les règles, que vous trouverez aisément sur internet, mais vous donner un peu de vocabulaire pour mieux comprendre les termes japonais employés dans ce jeu.

Le jeu de go se nomme en japonais igo,囲碁, où 囲(い) signifie entourer, encercler et ou 碁(ご) signifie…go, tout simplement. L’idée d’encercler est en effet importante dans le go, puisqu’il s’agit d’encercler les pierres de son adversaire pour les prendre et surtout de délimiter avec les siennes le territoire (地、じ) le plus vaste possible.Le jeu se pratique sur un goban 碁盤 (littéralement « plateau de go ») avec des pierres 碁石 (ごいし) de couleur blanche 白 (しろ) ou noire 黒 (くろ). Les pierres sont posées aux intersections (交点、こうてん) et les lignes (線) qui en partent constituent des « libertés ». Si une pierre n’a plus qu’une liberté, elle est en atari (アタリ), c’est-à-dire qu’elle est sur le point d’être totalement encerclée et prise. Mais le but du jeu de go n’est pas de prendre les pierres de son adversaire. C’est, comme je l’ai dit plus haut, de se constituer le plus vaste territoire possible, en suivant généralement une tactique coin (隅、すみ) – bord (辺、べ)- centre(中央、ちゅうおう). Le territoire s’évalue en fonction du nombre d’intersections libres entourées par les pierres d’une même couleur. Pour savoir qui a gagné, on compte les intersections libres du territoire de noir et de blanc, en retranchant les pierres prises à l’un et à l’autre : l’unité pour décompter est le moku, 目 (le kanji pour œil, qui sert ici de compteur).

Au jeu de go, il est beaucoup question de vie et de mort des pierres (死活, しかつ, mort et vie). Si un groupe de pierres est dans une situation telle qu’il ne peut plus échapper à son adversaire, il est considéré comme mort, même si les pierres ne sont pas prises. Néanmoins, un groupe en mauvaise posture peut rester en vie s’il réussit à faire des « yeux », 眼 (l’autre kanji pour « oeil »). Un faux oeil, 欠け眼 (かけめ, litt. oeil défectueux) ne lui permettra pas de survivre longtemps, mais s’il parvient à former deux yeux, il devient imprenable et demeure donc vivant, même s’il est cerné. Les tsumego (詰碁), qui sont en quelque sorte des exercices d’entraînement au go, consistent pour beaucoup à déterminer ce qu’il faut faire pour tuer (殺す、ころす) ou faire vivre (生きる、いきる) blanc ou noir.

Il n’est pas évident de jouer au go, et l’apparente liberté laissée par le goban vide en début de partie est déconcertante pour les débutants. Il est donc bon d’étudier les fuseki 布石(litt. mise en place/positionnement des pierres), pour les stratégies de début de partie, et les jôseki 定石 (litt. pierre fixe) pour étudier des séquences de jeu qui sont en quelque sorte des modèles.

Comme vous pouvez le constater, la terminologie du go, dont je n’ai donné qu’un très mince aperçu, emploie volontiers des kanjis très courants (地、石、眼、目…) mais en leur donnant un sens bien spécifique. Je vous invite à découvrir ce jeu par vous-même, ou en lisant Hikaru no go ! それでは、また、お楽しみに。

Écrit par Élisabeth de Sukinanihongo