Le régime Okinawa, le secret de longévité des Japonais

L’archipel Okinawa, au sud du Japon, compte quelque 33 centenaires pour 100 000 habitants. Un record qui tiendrait à un mode d’alimentation bien particulier, basé sur le poisson, le soja et le riz… mais pas seulement. Découvrez ce secret de jeunesse.

Okinawa est un groupe d’îles connues pour leur situation équidistante entre le Japon, la Chine et Taïwan. Mais aussi pour la longévité exceptionnelle de ses habitants (environ 82 ans d’espérance de vie), et le nombre de centenaires et de super centenaires le plus élevé du monde. Là-bas, le surpoids, le cancer ou l’ostéoporose sont beaucoup plus rares qu’en Occident. Ainsi, on y compte 80 % de cas de cancers et de maladies cardiaques de moins que chez nous. Voilà un lieu qui passionne les cardiologues, les gérontologues et les nutritionnistes depuis les années 1970. Un régime alimentaire particulier serait à l’origine de ce « miracle ».

Une première étude réalisée dans les années 70

Historiquement, c’est le médecin japonais Makoto Suzuki qui fut le premier à s’intéresser aux centenaires d’Okinawa. En 1970, il y crée un dispensaire et s’émerveille de la bonne santé physique, et mentale, de personnes très âgées. Il alerte le ministère de la Santé du Japon qui initie, en 1976, une enquête : The Okinawa Centenarian Study. Le docteur Suzuki commence alors une collecte d’informations sur le mode de vie des habitants de l’archipel. Cette étude révèle que l’un des secrets des Okinawaïens serait une alimentation faible en gras et en calories. Des collaborateurs de Suzuki le feront connaître au monde entier.

Une nourriture saine pour un corps sain

Il existe sans doute une part d’hérédité dans la longévité des habitants d’Okinawa. Mais leur alimentation est exemplaire, peu grasse, peu calorique : poissons, riz, soja, fruits de mer, tofu, légumes variés peu cuits, tels le chou, le brocoli et surtout le concombre. Tout cela en grande quantité, mais réparti en plusieurs portions quotidiennes. Viennent ensuite, les aliments consommés modérément : volailles, œufs. Et en tout dernier, la viande rouge, les graisses, les arachides.

Les Okinawaïens sont évidemment friands d’exercice : ils vont à la plage tous les jours, ils travaillent jusqu’à un âge avancé, pratiquent le taï-chi, ils prennent la vie avec un esprit positif et défient la mort avec un humour désarmant. Pour eux, il n’est jamais trop tard pour vivre bien.

Petit détail, mais qui a son importance, ils arrêtent de manger avant d’arriver à satiété, d’où l’intérêt de petites portions renouvelées plusieurs fois par jour.

Comment adopter ces principes en Europe ?

A l’évidence, la diète okinawaise se doit d’être adaptée aux mœurs occidentales. Ne serait-ce qu’en raison de l’absence dans nos contrées, des aliments qui font le quotidien des habitants de l’archipel. Certaines épices, certains poissons, certains légumes ne se trouvent pas sur nos marchés. Alors, on trouve des équivalents, toutefois, côté longévité, ça assure moins. Pour se maintenir en forme, se sentir léger, voire perdre un peu de poids, limiter les apports en cholestérol, on se tourne vers le pain de seigle, les fruits, le thé, le riz complet, les céréales, les épices comme le cumin ou la moutarde et les légumes chargés en eau qui apportent une vraie satiété. Toutefois, attention à ne pas suivre à la lettre et sans le contrôle d’un nutritionniste ou d’un médecin, ce régime semi-végétarien, car il peut comporter des carences, notamment en protéines.

On évite l’alcool, on boit du thé et on se la joue zen : pause sérénité obligatoire, même en ville, même au boulot. Car, selon le docteur Jean-Paul Curtay, nutrithérapeute mondialement réputé, il faut chercher la clé de ce mode de vie non seulement dans l’alimentation mais aussi dans la qualité de vie, psychologique et sociale, qui est exceptionnelle dans l’archipel.

[Restonenforme.com->http://www.restonsenforme.com/20090217/regime-okinawa/]