Les élections au Japon vues par la presse japonaise

Les commentaires de la presse japonaise, lundi 30 juillet, au lendemain de la débâcle lors de sénatoriales de la coalition gouvernementale menée par le Premier ministre conservateur Shinzo Abe.

Pour le quotidien de gauche Asahi, « la réponse des électeurs est claire » : « le gouvernement n’a pas réussi son test de crédibilité ». Le verdict est des plus sévères et mérite la démission du Premier ministre Abe ». La presse japonaise, très puissante, réclame dans son ensemble le départ du Premier ministre et des élections anticipées. Shinzo Abe a de son côté refusé de démissionner et a déjà écarté toute dissolution de la Chambre basse et des élections anticipées, laissant entendre qu’il procéderait prochainement à un remaniement ministériel.

« La responsabilité du Premier ministre est évidente. Son maintien au pouvoir ne reflète pas la volonté du peuple », renchérit le Mainichi Shimbun, également situé à gauche.

« Maintenant que le Premier ministre a décidé de rester au pouvoir, il doit dissoudre la Chambre des députés rapidement et en appeler au verdict populaire », plaide le Mainichi.

Le grand quotidien local Tokyo Shimbun veut aussi des législatives anticipées « pour donner aux Japonais la chance de choisir leur gouvernement ».

Le Mainichi attribue la déroute de la coalition de Shinzo Abe au fait que « les Japonais reprochent (à celle ci) de les ignorer ».

« Le peuple a dit ‘non’ au programme d’Abe qui est centré sur l’idéologie plutôt que sur la vie de tous les jours », explique le journal.

A droite, le quotidien Yomiuri, le plus fort tirage du Japon, presse pour un remaniement ministériel et exhorte l’opposition à éviter de provoquer une « crise politique ».

« Il est inévitable de remanier le gouvernement, ce dernier étant un des facteurs de la défaite », écrit l’éditorialiste du Yomiuri.

Un avis partagé par le quotidien nationaliste Sankei, proche de Shinzo Abe, qui conseille au Premier ministre de procéder à « une auto-critique sans concession » et à un remaniement du cabinet et de la direction du PLD ».

Source : Challenges.fr