L’Agence internationale de l’énergie atomique va mener pendant quatre jours, à compter de lundi, son enquête dans la centrale nippone de Kashiwazaki-Kariwa, au centre du Japon. Au programme inspections des réacteurs et mesures de radioactivité.

« Aujourd’hui est notre premier jour dans la centrale. Il s’agit d’abord d’avoir une vue d’ensemble des installations et de ce qui s’est produit » a déclaré Philippe Jamet, directeur de la sécurité des installations nucléaires de l’AIEA et le chef de la délégation d’experts.

L’équipe, composée de deux experts de l’AIEA et de quatre experts reconnus internationalement, devra analyser pendant plusieurs jours, les sept réacteurs ainsi que le niveau des fuites des matériaux radioactifs de la centrale la plus grosse au monde : Kashiwazaki-Kariwa.

Endommagée par un incendie, suite au séisme du 16 juillet de magnitude 6,8 sur l’échelle de Richter, la centrale qui était à neuf kilomètres de l’épicentre a été fermée pour une durée encore indéfinie. De légères fuites radioactives se sont également déversées dans la mer du Japon mais sans danger selon les autorités japonaises. La société propriétaire, Tepco (Tokyo Electric Power), critiquée par le gouvernement pour sa lenteur à éteindre l’incendie et à annoncer publiquement les fuites radioactives, a reconnu que le bâtiment n’était pas conçu pour résister à un séisme d’une telle force. A cet aveu, peu rassurant, viendrait se greffer une polémique menée par plusieurs sismologues qui suspecteraient le complexe nucléaire d’être construit sur une faille active. Pour l’heure, des investigations géologiques sont menées pour vérifier cette déclaration.

L’inspection durera quatre jours au terme desquels, les autorités japonaises organiseront un entretien entre l’équipe de l’AIEA et des responsables de l’agence Japonaise de la sécurité nucléaire et industrielle à Tokyo afin de partager les informations. Après avoir refusé, le mois dernier, l’aide des experts de l’ONU, il semble que le Japon ait décidé de jouer la carte de la transparence. En changeant son fusil d’épaule, Tokyo se place sous de meilleurs auspices Onusiens comme le laisse penser la déclaration de Philippe Jamet, chef de la délégation :  » notre objectif aujourd’hui est de tirer les leçons du séisme qui s’est déroulé ici et les partager avec la communauté internationale ». Avec comme toile de fond la catastrophe de Tchernobyle, dissiper les inquiétudes, étrangères et celles de la population traumatisée par les incidents à répétition de la compagnie Tepco, ne sera pas chose facile.

Source : marianne-en-ligne.fr

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