Les Wallabies empochent le Japon

Les finalistes de la Coupe du monde 2003 ont atomisé l’équipe du Japon (91-3) dans le groupe B du Mondial.

Vifs, vaillants mais beaucoup trop limités physiquement et techniquement, les Japonais se sont battus jusqu’au bout, limitant la casse jusqu’à la pause (23-3). Avec 13 essais au compteur, les Australiens ont idéalement débuté la compétition. Appliquée, sérieuse sans être pour autant brillant, l’Australie a répondu au score fleuve des Blacks.

Après la démonstration de la Nouvelle-Zélande contre l’Italie, l’Australie devait répondre face au Japon. Car le finaliste de la Coupe du monde 2003 fait partie des prétendants à la victoire finale. Très discrets jusque-là dans le bal médiatique, les Wallabies possédaient l’avantage du poids (60kg de plus dans le pack), de la technique et de l’expérience contre des Japonais qui n’ont gagné qu’un seul match de Coupe du monde en six participations. Et qui avaient laissé le capitaine Miuchi, l’ailier Loamanu et le 2e ligne Thompson dans les tribunes pour ne pas risquer de blessures avant le match important contre les Fidji.

La différence se faisait sentir dès les premières minutes, avec une forte pression collective qui échouait par deux fois à 5m de l’en-but. Mais comme toujours, le Japon faisait preuve de courage, de solidarité et d’abnégation, parvenant à chaque fois à repousser l’offensive, et même à relancer grâce aux petits gabarits vifs et rapides. Mais face à une montagne, ces atouts ne sont pas suffisants. La puissance australienne faisait d’abord la différence sur un maul, sur lequel Sharpe aplatissait (18e). Puis, c’est la technique qui s’imposait avec une remise à l’intérieur de Larkham pour Elsom qui doublait la mise (23e). Le 3e ligne remettait ça huit minutes après sur une sautée de Gregan pour Latham qui n’avait plus qu’à décaler son coéquipier (31e). Les homme du Néo-Zélandais John Kirwan inscrivaient leurs premiers points par Ono (37e), virant à la pause très en retard (23-3).

Après quarante minutes de jeu intense, les Japonais tentaient bien de revenir, mais ils étaient châtiés par un troisième essai de Rocky Elsom, qui prenait l’intervalle entre Ono et Oto sur la ligne des 22m pour aller aplatir entre les poteaux (41e). Souffrant physiquement, l’équipe asiatique ne parvenait plus à tenir la distance, subissant les déblayages virils des Wallabies. L’avalanche continuait, le Japon ratant de plus en plus de plaquages et l’Australie déroulant, faisant entrer les remplaçants. Parmi eux, Barnes (57e, 75e), Mitchell (59e, 67e) et Freier (81e) se chargeaient d’alourdir la marque, en compagnie de Latham (52e) et Smith (62e). Dans les dix dernières minutes, les Japonais jouaient tous les ballons à la main, mais se faisaient encore contrer par Latham pour son deuxième essai personnel (72e). « Nous devons apprendre à jouer 80 minutes, car à ce niveau chaque erreur se paye très cher », a déploré John Kirwan. « A la mi-temps (23-3), j’étais très heureux. La deuxième période a par contre été décevante. Nous avions des joueurs très jeunes sur la pelouse et ce match est une bonne chose pour leur avenir. » John Connolly n’était pas non plus totalement satisfait : « Cela fait plusieurs semaines que l’on a pas joué, il y a eu quelques approximations en première période. Nous n’avons pas toujours joué le jeu direct qu’on voulait pratiquer mais nous avons su rester concentrés. »

Certes, les Australiens n’ont pas été aussi impressionnants que les All Blacks dans leur première sortie. Face à une équipe du Japon courageuse mais démunie, l’Australie n’a pas encore retrouvé le système « rouleau-compresseur » qui leur avait permis d’être championne du monde en 1999. John Connolly a néanmoins pu constater que son groupe était étoffé et de qualité, que Gregan et larkham avaient toujours l’intelligence à défaut des jambes, ce que possède en revanche Rocky Elsom, auteur d’un beau triplé. « Le gros point noir de la journée pour nous c’est la blessure de Mark Gerrard », regrettait John Connolly, l’entraîneur des Wallabies. « Il s’est fait mal au genou et pour être honnête, on craint le pire pour lui. On ne va pas se précipiter (pour prendre une décision sur son remplacement). Si les nouvelles de Mark sont mauvaises, nous prendrons une décision mardi ou mercredi. Dans le regroupement, il a été pris sur le côté et a entendu son genou craquer. »

Thierry TAZE-BERNARD

Source : France2.fr