Les partis de l’opposition de la préfecture d’Okinawa ont prévu un rassemblement de protestation, le 28 avril prochain pour contester la cérémonie célébrant le jour où le Japon a regagné sa souveraineté sur l’archipel après sa défaite de 1945.

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Monument dans le parc de la station balnéaire de Ginowan (© 663highland, GFLD et CC2.5)

Le traité de paix de San Francisco, promulguant la fin de l’occupation du Japon par les États-Unis, a été signé le 28 avril 1952. Le gouvernement compte célébrer ce jour de libération, ce qui n’est pas du goût d’Okinawa. L’archipel considère cette date comme le « jour de l’humiliation ». En effet, Okinawa est resté sous l’administration des États-Unis jusqu’en 1972. Satoru Nakano, le leader du plus grand groupe d’opposition de l’assemblée d’Okinawa, le réseau Okinawa Goken, accuse le gouvernement de remuer le couteau dans la plaie. « Le gouvernement rejette une nouvelle fois Okinawa en célébrant à nouveau ce jour de l’humiliation », déclare-t-il. « Nous appelons les habitants à se rassembler et à exprimer leur colère vis-à-vis du gouvernement ».

Les partis de l’opposition ont appelé les maires, les membres des assemblées générales et les partis politiques au pouvoir dans ces mêmes assemblées, le Parti Libéral Démocrate (PLD) et le Nouveau Komeito, à rejoindre le rassemblement. Toutefois, les membres du PLD ne s’y rendront sûrement pas, arguant que « cela pourrait rajouter de l’huile sur le feu entre Okinawa et le gouvernement », selon un officiel du parti. Le mouvement de protestation aura lieu au parc de la station balnéaire de Ginowan. En automne dernier, une manifestation avait eu lieu au même endroit, pour protester contre la base américaine de Futenma et le déploiement des avions militaires Osprey.

Le 29 mars, l’assemblée a fait passer une résolution demandant au gouvernement d’annuler la cérémonie. Le gouverneur d’Okinawa, Hirokazu Nakaima, a lui aussi exprimé son mécontentement, déclarant que l’opinion du gouvernement différait de celui des citoyens d’Okinawa. Les membres du PLD étaient absents le jour où cette résolution est passée, malgré leur soutien à Okinawa. Ils avaient déclaré que le gouvernement devait alléger le fardeau que représente les bases militaires américaines et que la tenue de la cérémonie représenterait un manque de considération à l’égard des résidents de l’archipel. Mais leur présence n’est pas encore confirmée. Le Nouveau Komeito a, quant à lui, soutenu la résolution.

Claire Bouyssou – source : Asahi Shimbun