Le spécialiste des photocopieurs et imprimantes cherche à se développer auprès du grand public. Le vendeur, Hoya, va se recentrer sur les technologies médicales.

Si les analystes semblaient comprendre ce week-end la décision du groupe japonais d’optique Hoya de se séparer de son unité fabriquant des appareils photo sous la marque Pentax, ils semblaient moins convaincus par l’annonce, vendredi, du rachat, pour environ 10 milliards de yens (85 millions d’euros), de ces activités par Ricoh, le géant nippon de la bureautique.

Soucieux de se concentrer sur les technologies médicales et l’optique de vue, où il dispose de bonnes parts de marché et de marges confortables, Hoya ne cachait plus, depuis quelques mois, sa volonté de se séparer d’une partie des produits de la marque Pentax, qu’il avait achetée en 2007, essentiellement afin de récupérer des savoir-faire en matière d’endoscopie souple, de synthèse vocale et de prothèses osseuses.

Selon l’accord négocié avec Ricoh, le groupe Hoya va d’ailleurs conserver une large partie des productions professionnelles de marque Pentax pour céder seulement, d’ici au 1 er octobre, la branche Pentax Imaging Systems Business, qui regroupe le développement, la fabrication et la vente d’appareils photo, de jumelles et de caméras de sécurité.

Si le groupe avait, à force de restructuration et de délocalisation de ses usines hors du Japon, réussi l’an dernier à rebasculer dans le vert ses ventes d’appareils photo, il ne percevait pas de perspective de croissance intéressante sur ce segment ultra-concurrentiel, dont il ne détenait, selon IDC, que 1,5 % du marché mondial.

Disposant d’une part de marché plus faible encore dans ce secteur, Ricoh croit, lui, pouvoir rentabiliser à terme ces activités en associant l’ensemble des capacités de recherche, de production et le réseau de vente des deux marques en Occident et dans les pays émergents. Le groupe vise, après l’intégration sous la marque Pentax de ses propres produits grand public, un doublement, en trois ans, de ses ventes d’appareils numériques. Elles atteindraient alors 100 milliards de yens sur un exercice fiscal.

Plan de restructuration

Spécialisé dans les imprimantes et les photocopieurs professionnels ainsi que dans les solutions logicielles de traitement d’image, le groupe estime ainsi que « la distinction entre les activités de bureau et personnelles va s’effacer » et qu’il doit donc renforcer son offre grand public. « Depuis longtemps, nous cherchons à capter une partie du marché des consommateurs », résumait, ce week-end, Shiro Kondo, le président de Ricoh, qui avait annoncé, il y a quelques semaines, un plan stratégique de restructuration de son entreprise visant à doper sa profitabilité. Ricoh prévoit de supprimer au cours des trois prochaines années 10.000 emplois dans le monde, sur les 109.000 emplois qu’il recense actuellement.

© 2011 – Les Echos – Article original – Yann Rousseau pour Les Echos