Tôkyô : Des sans-papiers s’opposent aux plans d’expulsion

Des immigrés résidant au Japon avec des visas expirés ont organisé un sit-in de 5 jours devant le bureau de l’immigration de Tôkyô pour protester contre les plans d’expulsion des personnes en situation irrégulière dans des avions affrétés pour cette année.

Visa japonais -  Photo Paul Davidson CC 2.0

Exemple de visa japonais – Photo Paul Davidson CC 2.0

Faisant vraisemblablement partie des moyens visant à réduire le budget pour traiter les personnes aux visas non valides, le ministère de la Justice souhaiterait expulser 350 personnes chaque année, par rapport à une moyenne annuelle de 150 les années précédentes.

D’après un rapport du ministère, sur 62009 résidents n’ayant plus de visa valide, 3030 ont reçu des ordres d’expulsion depuis le premier janvier.

Le fer de lance du sit-in est l’organisation Asian People’s Friendship Society, un groupe non gouvernemental créé en 1987 pour encourager les communications interculturelles entre les Japonais et les résidents étrangers. Un cinquantaine de personnes ont assisté à la protestation au bureau dans l’arrondissement de Minato, certains accompagnés de leur famille.

L’organisateur Jotaro Kato a déclaré lors d’une conférence de presse que beaucoup d’étrangers font face à d’énormes incertitudes au sujet de leur avenir. Leurs demandes faites il y a longtemps pour des permissions spéciales de résider au Japon étant restées sans réponses.

Leur situation financière s’est aggravée avec la crise économique prolongée du Japon, incitant l’organisation à se lever et à sensibiliser le public à la détresse des immigrés et ainsi montrer à quel point ils étaient désespérés d’avoir un visa.

Majid Abbasi, Iranien de 45 ans, espère que leurs voix seront entendues et qu’ils trouveront un accord avec les hauts responsables du gouvernement.

« Nous avons rencontré différents problèmes dans notre vie… mais par-dessus tout, le plus difficile est que nous n’avons aucune idée de ce qui se passera pour nous demain. » déclare Abbasi, exprimant aussi sa préoccupation à propos du bien être de sa fille, 12 ans, née au Japon et qui ne comprend pas la langue maternelle de son père. Elle a été considérée comme hors la loi dès la naissance. Sa mère philippine est aussi en situation irrégulière.

« J’ai vécu au Japon pendant environ 20 ans maintenant. Alors s’il vous plaît arrêter pour prêter attention à ce que nous avons à dire. »

Un étudiant japonais de 23 ans déclare que l’Asian People’s Friendship Society a réveillé sa conscience sociale, l’encourageant à aider ces personnes. « Aux yeux de la majorité du public japonais, je pense que les immigrés dont le visa n’est plus valide sont vus avec un certain scepticisme (du fait de leur statut illégal) » dit-il. « Mais avant de leur sauter au cou, je pense qu’il faudrait écouter ce qu’ils ont à dire… après tout, compte tenu de la diminution de la population, la société japonais ne serait pas capable de survivre seule sans l’aide des étrangers. »

Voyageurs dignes de confiance

Un panel d’expert du ministère de la Justice a proposé d’introduire un système de « voyageurs dignes de confiance » pour simplifier les contrôles d’immigrations des visiteurs étrangers jugés comme peu susceptible d’être des terroristes ou des criminels.

Le panel a soumis cette proposition comme un moyen d’attirer les touristes et hommes et femmes d’affaires au Japon et aider à dynamiser l’économie.

Carine Dupuis – source : The Japan Times