Suivre la conférence sur « Tradition et modernité du théâtre japonais » permettra de mieux comprendre le spectacle « Utsushi » que la compagnie Sankaï Juku donnera ce week-end à Châteauvallon. Une conférence de Jacques Keriguy, l’érudit président de l’association Yamato-Kaï qui organise, en collaboration avec la Fondation du Japon, l’exposition « Splendeurs de Kyôto » (voir par ailleurs)…

Les formes théâtrales

Kagura sont des danses très anciennes, liées au développement du shintô, religion d’Etat. Le nô, drame lyrique, est la synthèse des formes théâtrales antérieures, réunissant musique, danse et poème. Le « nô » est « le carrefour des songes oscillant entre monde réel et monde invisible ». Enfin, le kabuki, né à Kyôto pour satisfaire aux aspirations d’une bourgeoisie fortunée, est un théâtre de la vie, un théâtre total, avec ses contradictions et ses excès.

Les origines du Butô

Après une période d’échanges entre Orient et Occident, les danseurs de Butô ont été marqués par Nijinsky, « enraciné au sol tel un arbre ». Le Butô, né d’une réaction à la bombe atomique dans les années cinquante, voulait à la fois empêcher l’oubli et saluer la vie qui continue. Le butô se veut danse, imprégné de désespoir depuis que le japon a été humilié, par la défaite et maltraitée par l’ordre américain. Le butô est méditation sur l’action : la danse n’est pas mouvement mais révélation des pulsions du danseur. Le danseur utilise un espace minimal, il appartient à la terre. Le Je se fond dans le Tout, l’Univers. Le corps et l’esprit ne sont pas séparés, comme en Occident. Le butô marque cette relation au corps et au cosmos.

Le butô est-il compréhensible ?

Il est, certes, à notre portée, mais la lecture en sera partielle, parfois pleine de contresens. L’idéal est d’entrer dans l’âme japonaise, à tout le moins d’en avoir quelques clefs. En reliant les formes théâtrales japonaises entre elles, et en les explicitant, Jacques Keriguy vous aidera à en trouver.

Conférence avec extraits filmés de kabuki et d’interviews de Ushio Amagatsu, jeudi 18 et vendredi 19 juillet à 19 h 30. Entrée libre sur réservation au 04.94.22.02.02.
L. D.

www.varmatin.com

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