Un Breton aux aguets au Japon

Cap sur le Japon pour le troisième volet de notre série sur les Bretons expatriés. Stéphane Péan est chargé par le constructeur français PSA de rendre compte discrètement des tactiques de ses concurrents japonais. Il anime aussi l’association des Bretons du Japon, pour tisser des liens entre les deux «pays».
Il a longtemps cherché sa voie. Stéphane Péan, né à Saint-Servan, en Saint-Malo, commence par un IUT hygiène sécurité environnement à Lorient. Breton pur sucre, il enchaîne sur un Deug de géographie, une maîtrise en aménagement, urbanisme et transport, un DESS à Sciences Po Paris, et enfin un master sur les transports intelligents à l’Ecole des Ponts et Chaussées, en cours du soir !. Depuis 2005, il est chargé de la veille stratégique de PSA (Peugeot-Citroën) au Japon. « On va chercher de l’information, sur les salons et ailleurs, on rédige des études et des rapports sur les innovations de nos concurrents japonais à l’international, explique Stéphane, on essaie de comprendre comment ils s’organisent ».
Comme un poisson dans l’eau au Japon
Stéphane Péan, âgé de 37 ans, marié à une Japonaise rencontrée lors d’un stage d’anglais sur un campus du New Jersey, est comme un poisson dans l’eau au Pays du soleil levant, mais n’a pas pour autant coupé les ponts avec sa Bretagne natale : « J’avais emporté avec moi le Gwen ha Du, raconte-t-il.
En mars 2007, pour le premier anniversaire de notre association, l’ambassadeur de France à Tokyo, Gildas Le Lidec, me l’a demandé pour l’accrocher au fronton de l’ambassade ! » Le couple (sa femme est assistante de direction aux Studios Universal d’Osaka) vit dans la banlieue sud, entre Tokyo et Yokohama, avec leur fille de six ans. « Elle a clairement les deux cultures. Chaque fois qu’elle rentre de ses vacances à Saint-Malo, explique Stéphane, elle rapporte des livres, comme sur le Roi Arthur. Les Japonais connaissent ces légendes, mais savent-ils qu’elles ont un lien avec la Bretagne ? »
L’identité bretonne bien présente
L’identité bretonne est bien présente au Japon, ne serait-ce qu’à travers des jumelages entre Brest et Yokosuka, Rennes et Sendaï, ou Nantes et Niigata. « Il y a beaucoup de similitudes, détaille Stéphane. Ce sont deux  » pays » où la modernité et la tradition ne sont pas perçues comme antagonistes, nous avons nos  » festoù-noz », ils ont leurs  » matsuri « . D’un point de vue social, les festivals culturels sont aussi exceptionnels au Japon qu’en Bretagne ». Et pour jeter encore plus de ponts entre ces deux rives, Stéphane et quelques autres ont monté l’« association des Bretons du Japon ». Juste retour des choses. « J’ai effectué une grande partie de mes études dans la région, justifie Stéphane, la Bretagne m’a formé. Il m’a semblé essentiel en retour de mettre en valeur l’identité bretonne, à la fois moderne et originale ». L’association compte aujourd’hui 110 adhérents, Bretons et Japonais, ainsi qu’une dizaine d’entreprises, principalement des importateurs de produits bretons, comme Aquamer. Le groupe cosmétique et alimentaire fait venir de France du sel de Guérande et des caramels salés qui font un carton sur l’archipel ! « Les grands industriels japonais n’hésitent pas à en faire du business, témoigne Stéphane. Ils ont même récemment inventé une boisson lactée caramélisée au goût de kouign-amann ! »

Pratique
Lui écrire : [email protected] L’association des Bretons du Japon : http://bretonsdujapon.wordpress.com/
Emmanuel Langlois et Jean-Pierre Pont

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