UN PROJET DE RECHERCHE FRANCO-JAPONAIS

S
ciences. L’Université de Provence accueille un nouveau laboratoire de fusion magnétique à Saint-Jérôme. LIA durera 4 ans et réunira 23 chercheurs.
Dans le cadre d’une coopération scientifique franco-japonaise, l’Université de Provence accueille un nouveau laboratoire international associé (LIA) sur la fusion magnétique. La partie française des locaux de ce laboratoire « France Japan Magnetic Fusion Laboratory », qui se situe au centre inter-universitaire scientifique de Saint-Jérôme à Marseille, a été inaugurée hier matin.
Ce LIA est un outil de collaboration scientifique du CNRS entre chercheurs français et japonais, pour une durée de quatre ans. Ce laboratoire réunit 12 membres en France et 11 au Japon. Son objectif est d’offrir une base développement de programmes de recherche, en particulier sur la « modélisation et la simulation du transport turbulent dans les plasmas d’Iter ».
La cérémonie d’inauguration a été orchestrée par Jean-Paul Caverni, président de l’Université de Provence, André Thévand, directeur de l’UFR Sciences de la matière, qui héberge le LIA, Catherine Bréchignac, présidente du CNRS, Sanae Itoh et Sadruddin Benkadda, co-directeurs du nouveau laboratoire, et le président directeur général de « Iter Organisation », Kaname Ikeda.

La mise en commun de recherches et de savoirs

Alors que près de deux milliards de personnes n’ont pas accès à l’éléctricité, la fusion thermonucléaire contrôlée est un défi scientifique et technologique majeur en ce qui concerne l’approvisionnement mondial en ressources énergétiques.
La convention à l’origine de la création du LIA numéro 336 a été signée le 22 octobre 2007 à Fukuoka, au Japon. Elle rassemble cinq partenaires : l’Université de Provence, le CNRS, les Universités de Kyushu et d’Osaka (Japon), et le National instituite for fusion science (NIFS).
Cette collaboration scientifique a été réalisée grâce à l’initiative du professeur Wakatani, décédé en 2003, qui considérait similaires les approches française et japonaise quant à la fusion contrôlée.
Ce LIA est aussi un « challenge » au niveau des relations humaines puisqu’il génère une collaboration scientifique, des échanges et l’intégration de jeunes doctorants (bac +6) japonais et français, au-delà des barrières de la culture et de la langue. Cette année 2008, date du 150e anniversaire des relations entre le Japon et la France, voit naitre le premier échange symétrique du collège doctoral franco-japonais, accompagné d’une bourse. Une des visées principales du projet est de développer ce type de partenariat avec d’autres pays. « Plus qu’un projet scientifique, c’est une aventure humaine », déclare Catherine Bréchignac.
Les cinq parties de ce LIA ont également conjointement créé la « Iter physics summer schools » pour présenter les résultats de recherches récentes sur la fusion magnétique à des étudiants de troisième cycle. La première édition s’est tenue à Aix-en-Provence en 2007, et la seconde aura lieu dans les mois à venir à l’Université de Kyushu.
ANAÏS CROUZET
Photo MIGUE MARIOTTI

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