Le Japonais Mitsubishi UFJ, l’une des plus importantes banques au monde, a acquis 21% de la banque d’affaire en difficulté Morgan Stanley. L’affaire, en cours depuis plusieurs mois, permet à l’Américain de récupérer 9 milliards de dollars.

L’avenir de Morgan Stanley, une des dernières grandes banques d’affaires indépendantes de Wall Street, s’est éclairci mardi, avec l’entrée confirmée à son capital de la japonaise Mitsubishi UFJ, qui a néanmoins assuré ses arrières avec des conditions renégociées.

Sans changement par rapport à l’annonce faite fin septembre, Mitsubishi UFJ Financial Group (MUFG), l’une des plus grosses banques du monde en termes d’actifs, acquiert 21% de Morgan Stanley pour 9 milliards de dollars.

Pourtant la concrétisation de ce mariage avait été fortement mise en doute après l’effondrement de presque 60% du cours du titre Morgan Stanley la semaine dernière. La valorisation de l’ensemble de Morgan était tombée à quelque 10 milliards de dollars soit à peine plus que l’argent mis sur la table par MUFG.

Si la méga-banque japonaise n’a pas fait faux bond à Morgan Stanley, elle est pourtant loin d’avoir fait un chèque en blanc.

D’une part, elle a renégocié afin de ne recevoir que des actions préférentielles, qui la protègent de voir son investissement réduit à néant sur un marché boursier déboussolé. A l’origine, MUFG prévoyait d’acquérir deux tiers d’actions préférentielles et un tiers d’actions ordinaires.

Majoritairement placé en actions préférentielles, son investissement lui rapportera un dividende annuel de 10%.

D’autre part, la banque japonaise n’entend pas être un investisseur muet et obtient un siège au conseil d’administration de la banque new-yorkaise.

« Morgan Stanley va être protégé et si on considère ce que Mitsubishi reçoit pour le prix qu’il paie, c’est un bon accord pour les deux parties », a estimé Art Hogan, analyste de la maison de courtage Jefferies. Un avis partagé par les investisseurs, puisque le titre de Morgan bondissait de 57,02% à 15,21 dollars à la Bourse de New York vers 15H45 GMT.

Et Morgan compte sur les mesures chiffrées pour alimenter ce mouvement: grâce à cet investissement, son ratio de solvabilité, l’une des indices de solidité d’une banque, est remonté à plus de 15,5%, « bien au-dessus des 6% requis par la Réserve fédérale pour être considérée comme une banque bien capitalisée », s’est targuée la banque.

Pour autant, regagner totalement le soutien des marchés est loin d’être assuré. « Cet accord va aider Morgan Stanley à traverser l’actuelle tempête financière en apportant de l’argent frais dans ses coffres (…). Néanmoins cet investissement de MUFG ne représente pas un remède immédiat aux difficultés liées à un marché du crédit restreint et à un système financier mal en point », commente Jeffrey Ham, analyste de Briefing.com.

« Tout est une question de confiance et une injection de 9 milliards de dollars ne va pas résoudre le problème », renchérit Richard Bove, de Ladenburg Thalmann.

Quelques semaines après avoir renoncé à son statut de banques d’affaires pour pouvoir se refinancer auprès de la Fed, Morgan Stanley voit dans le soutien d’un poids lourd de la banque de détail « une étape clé dans (cette) période de transition », a écrit à ses employés le PDG John Mack, dans un mémo posté sur le site du Wall Street Journal.

Concrètement, le contenu de l’alliance entre Mitsubishi UFJ et Morgan Stanley sera défini d’ici au 30 juin 2009. Les deux partenaires affirment avoir « l’intention de développer une alliance mondiale dans une large gamme de domaines ».

Cela pourrait offrir à Morgan Stanley, désormais « holding » financière, un levier pour réorienter ses activités vers la banque de détail.

Tablant sur une croissance en interne, « nous regarderons aussi à d’éventuelles acquisitions qui pourraient nous aider à faire grossir notre base de dépôts », a affirmé M. Mack, dans son mémo interne.

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