D’après une nouvelle étude, un satellite de l’agence spatiale européenne a été capable de détecter le grand tremblement de terre de 2011 qui a dévasté le Japon, causant la perte de plus de 19 000 vies.

Vue satellite des côtes de Sendai le 18 mars 2011 - Photo NASA
Vue satellite des côtes de Sendai le 18 mars 2011 – Photo NASA

Selon un rapport publié dans le journal Geophysical Research Letters, les infrasons atmosphériques dus au séisme du Tôhoku, seraient à l’origine de variations de la densité de l’air et de l’accélération verticale de la plateforme Gravity Ocean Circulation Explorer (GOCE).

Le GOCE est un satellite ultra-sensible agissant comme une sorte de sismologue orbital.

Les scientifiques déclarent que les séismes ne créent pas seulement des ondes sismiques voyageant à travers la Terre. De grands tremblements de terre peuvent aussi causer la vibration de la surface de la planète, comme un tambour provoquant des ondes sonores se diffusant dans l’atmosphère.

GOCE est conçu pour capturer et enregistrer ces signaux. C’est ce qui s’est passé le 11 mars 2011.

Ces signaux ont été relevés à deux positions le long de l’orbite du GOCE correspondant à un croisement et à un doublement du front d’onde infrasonore créé par les ondes sismiques de surface. Le satellite enregistra pour la première fois le signal lorsqu’il passa au dessus de l’océan Pacifique 30 minutes après le séisme et une seconde fois 25 minutes plus tard, lorsqu’il se déplaçait au dessus de l’Europe.

Des perturbations supérieures à 11% de la densité de l’air et une accélération verticale des ondes ont été observées après le séisme. D’après le rapport, « ces perturbations seraient dues aux ondes acoustiques qui auraient créé une vitesse verticale allant jusqu’à 130 mètres par seconde ».

« Les sismologues sont particulièrement excités par cette découverte » a déclaré Raphaël Garcia de l’Institut de recherche en astrophysique et planétologie en France. Avant d’ajouter : « Avec ce nouvel outil, ils peuvent observer depuis l’espace pour comprendre ce qui se passe sous leur pieds ».

Carine Dupuis – source : The Japan Times