Risque de rivalités entre factions au sein du PLD

Avec un doublement des sièges obtenus par le Parti Libéral Démocrate grâce à sa majorité écrasante lors des élections du 16 décembre dernier, des craintes s’élèvent quant à la capacité du nouveau Premier ministre Shinzo Abe à contrôler les nouveaux élus.

Shinzo Abe Sept. 8, 2007

Shinzo Abe en septembre 2007 (© White House photo by Eric Draper)

Certains craignent que les factions du parti regagnent leurs places perdues à la chambre basse en 2009. « Le PLD a une vieille mauvaise habitude, bien que ce ne soit pas aussi terrible que le Parti démocratique du Japon » a dit le vice-président du PLD, Masahiko Komura. « Souvent, les membres du parti essayent de rabaisser le président qu’ils ont élu. Ma mission est de créer une nouvelle culture de soutien pour le président du parti et premier ministre ».

Abe a été élu président du parti en septembre sans réel soutien de la part des factions intra-parti. De plus, il avait aussi promis de concentrer le pouvoir de décision à la direction du parti, plutôt qu’aux factions. Ces dernières, qui ont mené une lutte de pouvoir durant des décennies au sein du parti, sont aujourd’hui vues comme un symbole du PLD et sont détestées par de nombreux votants. Yoshihide Suga, le secrétaire général, a affirmé que « Abe n’acceptera aucune recommandation de leur part, c’est certain à 100% ».

Le pouvoir des factions a été considérablement réduit depuis la loi de contrôle des fonds des partis politiques en 1994. Depuis, elles ont eu des difficultés à rassembler les sommes nécessaires afin de garder leurs membres fidèles. Mais les factions ont encore de l’influence auprès des dirigeants du parti car ceux-ci acceptent leurs recommandations en les nommant à des postes du cabinet. Abe et ses alliés tenteront de limiter les actions des factions qui veulent regagner leur pouvoir. Mais le retour d’une dizaine de membres de la vieille garde, ainsi que l’élection de centaines de nouvelles recrues, devraient donner une chance aux factions d’obtenir à nouveau une certaine importance.

En dehors de ça, Shinzo Abe compte désigner 5 femmes à son cabinet, non-membres de la Diète inclus. Parmi les noms connus, on a Yuko Obuchi, ancienne ministre de la population et de l’égalité des genres ; Sanae Takaichi, une ancienne ministre qui s’est chargée des conflits tel qu’à Okinawa ; et l’ancienne ministre de l’Intérieur Yoriko Kawaguchi. Le PLD a l’intention d’augmenter le ratio de femmes à 30% d’ici à 2020.

Claire Bouyssou – sources : The Japan Times