TOKYO – Le ministre japonais des Affaires étrangères, Seiji Maehara, a décidé de démissionner dimanche, après avoir reconnu qu’une étrangère résidant de longue date au Japon lui avait versé des dons en contravention avec la loi, ont rapporté les médias.

Selon la télévision publique NHK, M. Maehara devait rencontrer le Premier ministre Naoto Kan dimanche soir à sa résidence.

Sa démission, si elle acceptée par M. Kan, risque de porter un coup très dur au gouvernement de centre-gauche, déjà au plus bas dans les sondages d’opinion.

Le chef de la diplomatie japonaise, qui à 48 ans est l’une des étoiles montantes du Parti Démocrate du Japon (PDJ), au pouvoir, était donné comme l’un des favoris pour succéder à M. Kan, en cas de démission du chef du gouvernement.

M. Maehara avait reconnu vendredi avoir reçu des dons de 50.000 yens (450 euros) d’une Sud-Coréenne qui réside de longue date au Japon et possède un restaurant à Kyoto. Il a affirmé ignorer que cette femme, qui le connaît depuis son enfance, lui versait des dons.

Le Parti libéral-démocrate (PLD), fer de lance de l’opposition de droite, l’accuse d’avoir reçu au total au moins 200.000 yens (1.800 euros) en l’espace de quatre ans, et exigeait sa démission.

La loi n’autorise que les contributions venant d’entités ou de citoyens japonais afin d’éviter que la politique intérieure du Japon ne soit influencée par des Etats étrangers.

Après l’arrivée au pouvoir du PDJ en septembre 2009, M. Maehara avait occupé le poste de ministre des Transports dans le gouvernement du Premier ministre Yukio Hatoyama. Il avait hérité du portefeuille des Affaires étrangères un an plus tard, en septembre 2010, dans le gouvernement formé par M. Kan, nommé après la démission de M. Hatoyama.

L’équipe au pouvoir au Japon traverse actuellement une très mauvaise passe et les rumeurs vont bon train sur un éventuel remplacement du Premier ministre ou bien même des élections législatives anticipées.

Le PDJ, qui ne contrôle plus le Sénat depuis l’été dernier, n’a pas non plus la majorité des deux tiers à la Chambre des députés qui lui permettrait de faire passer ses lois en force.

Il doit notamment trouver les voix nécessaires pour faire adopter avant le 1er avril, début de l’année budgétaire, plusieurs lois relatives au budget, dont une, essentielle, qui l’autorise à émettre des obligations pour couvrir 40% de ses dépenses.

L’opposition fait bloc et espère contraindre le Premier ministre à dissoudre la Chambre basse pour convoquer des élections qu’elle se fait fort de remporter.

Une partie du PDJ, très critique à l’égard de M. Kan, préférerait l’autre scénario, consistant à désigner un autre Premier ministre, sans passer par les urnes.

Au Japon, le président du parti majoritaire à la Chambre basse est assuré d’être élu au poste suprême et les partis politiques, de droite comme de gauche, ne se sont pas privés de changer de président, et donc de Premier ministre, dès que les sondages plongeaient au-dessous de la barre des 20%, ce qui est actuellement le cas.

Le Japon a déjà connu cinq Premiers ministres en l’espace de cinq ans.

[(©AFP / 06 mars 2011 12h06) – Article original sur Romandie.com->http://www.romandie.com/infos/news2/110306110651.4x549xeb.asp]

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