Franck Vivier gère le fonds SGAM AI equisys Japan. Il estime que le marché japonais va devenir attractif, relativement à la baisse des marchés en Europe et aux Etats-Unis.

Le figaro.fr – Comment la crise actuelle impacte-t-elle le Japon ?

Franck Vivier – Depuis un an et demi, le marché japonais a perdu 50% de sa capitalisation. Toutefois, les banques japonaises ne sont pas concernées par les problèmes d’actifs toxiques. Depuis la crise des années 1990 qui les a secoués, les établissements nippons ont été très encadrés, et tenus à l’écart des placements risqués liés à l’immobilier aux Etats-Unis. Par ailleurs, les entreprises japonaises en général sont peu endettées. Le yen se redresse face à l’euro depuis deux mois, mais il reste très bon marché. Il doit rattraper du terrain face aux autres devises, et il devrait donc s’apprécier d’ici cinq à dix ans. Avec la baisse des marchés en Europe et aux Etats-Unis, le Japon peut donc redevenir un marché attractif.

Comment a évolué le marché japonais au cours des dernières années ?

L’indice Topix, qui regroupe les cent plus grandes capitalisations à la bourse de Tokyo, cote actuellement sous la barre des 1000 points, comme en 1984. Autrement dit, un investisseur qui aurait misé il y a vingt cinq ans aurait aujourd’hui un gain nul. Le Japon a pâti de sa croissance régulière mais faible. Les investisseurs ont donc préféré se tourner vers les marchés européens et américains, qui ont permis au cours des dernières années de dégager 10% de gains assez facilement. Il faut préciser que le marché japonais est très volatile.

Alors que la catégorie des fonds en actions sur le marché japonais réalise une performance négative de -33,16% depuis le 1er janvier dernier, votre fonds gagne 6,61% sur cette période. Comment expliquez-vous cette performance ?

Notre processus de gestion est très rigoureux. Il s’appuie sur un outil mathématique et informatique que j’ai mis au point en me basant sur l’expérience que j’ai acquise en travaillant avec Harry Markowitz, le prix Nobel d’économie en 1990. Cette gestion quantitative est le moteur de la performance de ce fonds. Elle permet de faire des choix d’investissement sans état d’âme, ce qui est un avantage dans le contexte de marché actuel.

Comment se compose votre portefeuille ?

Le portefeuille compte une centaine de lignes, qui pèsent toutes le même poids. Parmi ces valeurs figurent l’équipementier automobile Denso, les banques Mitsubishi, Panasonic dans l’électronique, le fabricant de chaussures de sport Asics ou encore Asahi Kasei, dont j’ignore l’activité exacte (un fabricant de produits chimiques, ndlr). Mais les données fondamentales concernant ces sociétés ne m’intéressent pas. L’allocation du portefeuille est revue tous les trois mois.

Quels sont les critères observés par votre modèle ?

Sur les 3000 valeurs japonaises disponibles, nous sélectionnons celles qui nous paraissent les plus intéressantes selon une vingtaine de critères. Nous tenons compte des bénéfices escomptés, du prix de l’action, du niveau d’endettement de la société et de la croissance de son cash flow. Nous ajoutons à cette liste certaines données que nous calculons nous-mêmes, comme le coût de financement du capital.

Propos recueillis par Perrine Créquy

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