Dans la revue de presse de ce jeudi 13 août 2026, voici nos actualités : la Corée du Sud tente d’améliorer ses relations avec Tōkyō, le Japon adopte une loi sanctionnant la dégradation de son drapeau national, et Vladimir Poutine se rend sur une île revendiquée par le Japon.
Nouvel allié
Le 15 août marquera le 81e anniversaire de la fin de la colonisation japonaise de la péninsule coréenne. À l’occasion, Lee Hyuk, ambassadeur de Corée du Sud au Japon, a rappelé l’importance de tisser des liens entre les deux nations face à un contexte international de plus en plus difficile. Lors de son interview au Japan Times, il a confié : « La Corée du Sud et le Japon ont beaucoup en commun en ce qui concerne l’environnement sécuritaire auquel ils sont confrontés ». Tōkyō avait déjà initié ce rapprochement en proposant à son voisin de conclure un accord d’acquisition et de services croisés (ACSA), sans succès. Pourtant, un tel accord permettrait aux forces armées des deux pays de collaborer en échangeant des moyens de transport, des munitions, mais aussi de favoriser des opérations conjointes. Cependant, Lee a déclaré qu’une collaboration logistique avec le Japon reste sensible en raison de leur histoire commune. Il explique vouloir développer : « progressivement la coopération pratique, étape par étape ». Concernant la Chine, Lee défend le maintien de relations stables et constructives avec Pékin, fondées sur une approche équilibrée, pragmatique et sur le dialogue. Les relations sino-japonaises se sont fortement dégradées après les déclarations de la Première ministre Sanae Takaichi évoquant une possible intervention militaire japonaise en cas d’attaque chinoise contre Taïwan. Pékin a depuis exercé des pressions économiques et diplomatiques sur Tōkyō. Enfin, Lee estime que si le Japon faisait davantage preuve de sincérité concernant les contentieux historiques, leurs relations bilatérales pourraient évoluer de manière positive.
Emblème national
Ce 13 août, une nouvelle loi concernant la protection du drapeau national est entrée en vigueur. Celle-ci prévoit que toute personne qui dénigre le drapeau en public afin de susciter le dégoût ou le malaise chez autrui risque jusqu’à deux ans de prison ou une amende pouvant aller jusqu’à 200 000 yens (1 089 euros). La loi s’applique également aux contenus en ligne. La loi a toutefois suscité de nombreuses critiques en raison des risques qu’elle ferait peser sur la liberté d’expression. Elle a été qualifiée d’inconstitutionnelle car elle porterait atteinte aux libertés fondamentales d’expression, de pensée et de croyance. Depuis sa proposition le mois dernier, de nombreux universitaires ont condamné le projet : 148 experts en droit pénal l’ont qualifié de « dangereuse » et 199 chercheurs constitutionnels ont exigé son abrogation dans les plus brefs délais.
Territoires du Nord
Le président russe Vladimir Poutine s’est officiellement rendu sur l’une des quatre îles revendiquées par le Japon mais administrées par Moscou. Il a inspecté l’usine de transformation de produits maritimes de l’île d’Etorofu, ce qui a provoqué la colère de Tōkyō. Ce différend territorial remonte à la fin de la Seconde Guerre mondiale et constitue toujours l’un des principaux obstacles à la signature d’un traité de paix entre le Japon et la Russie. Shinzō Abe, ancien Premier ministre, avait relancé les négociations avec Moscou sur ce différend territorial. Celles-ci ont finalement été suspendues après l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022. Depuis, le Japon a également renforcé ses sanctions économiques contre la Russie, contribuant à une forte dégradation des relations bilatérales et à l’interruption du dialogue sur ce dossier. La visite du président apparaît comme une provocation supplémentaire après des exercices de la flotte russe du Pacifique. Enfin, Toshimitsu Motegi, le ministre des Affaires étrangères, a protesté contre cette visite en rappelant que les Territoires du Nord faisaient partie intégrante du Japon aussi bien historiquement qu’au niveau du droit international.



