Dans la revue de presse de ce mercredi 24 juin 2026, voici nos actualités : la Première ministre chahutée lors d’une visite à Okinawa, une loi pour protéger le drapeau japonais, ainsi que des visas distribués en grand nombre.
Visite compliquée à Okinawa
La Première ministre Sanae Takaichi a été huée, ce mardi, lors d’une cérémonie commémorant le 81e anniversaire de la bataille d’Okinawa, où environ 200 000 personnes ont péri en 1945. Des manifestants, opposés à l’évolution sécuritaire du pays, ont crié « Non à la guerre ! » et « Protégez l’article 9 ! », référence à la clause pacifiste de la Constitution japonaise. Takaichi a pourtant réaffirmé l’engagement du Japon à ne plus répéter les ravages de la guerre et à rester attaché à la paix. Mais son gouvernement inquiète une partie de l’opinion : Tōkyō a récemment assoupli les règles d’exportation d’armes létales, accru ses dépenses militaires et renforcé ses coopérations régionales. Takaichi, partisane de la ligne dure, souhaite aussi réviser la Constitution. Ses positions sur Taïwan ont provoqué la colère de Pékin, qui accuse le Japon de renouer avec le militarisme.
Une loi pour le drapeau
La Chambre des représentants a commencé l’examen de fond d’un projet de loi visant à pénaliser la dégradation du drapeau national, le Hinomaru. Présenté devant la commission du Cabinet, le texte prévoit jusqu’à deux ans de prison ou 200 000 yens d’amende pour toute personne qui abîmerait ou souillerait publiquement le drapeau d’une manière jugée extrêmement choquante ou répugnante pour le public. Soutenu par le Parti libéral-démocrate (PLD), le Parti japonais de l’innovation, le Parti démocrate du peuple et Sanseitō, le projet suscite des critiques. Takeshi Shina, de l’Alliance centriste pour la réforme, estime qu’il pourrait porter atteinte à la liberté de pensée et de conscience garantie par la Constitution. Akihisa Shiozaki, du PLD, répond que le texte ne vise pas les convictions personnelles, mais seulement des actes publics. La commission doit entendre des experts jeudi avant un possible vote cette semaine.
La Chine, première bénéficiaire
En 2025, le Japon a délivré 7,86 millions de visas, soit le deuxième plus haut niveau jamais enregistré, selon le ministère japonais des Affaires étrangères. Ce chiffre représente une hausse de 9 % par rapport à 2024 et se rapproche du record de 2019, avant la pandémie de COVID-19, lorsque 8,28 millions de visas avaient été accordés. Cette progression s’explique principalement par la forte demande de voyages en provenance de Chine. À elle seule, la Chine représente 5,71 millions de visas délivrés, soit 72,6 % du total mondial. Les autres pays arrivent très loin derrière : les Philippines occupent la deuxième place avec 522 057 visas, suivies du Vietnam avec 305 563 visas et de l’Inde avec 265 882 visas. Ces données confirment la forte reprise de la demande de voyages vers le Japon, notamment en Asie, dans un contexte de reprise durable du tourisme international après la crise sanitaire.



