Le nouveau ministre japonais de la Justice Eisuke Mori a déclaré mercredi qu’il allait poursuivre les exécutions de condamnés à mort, comme son prédécesseur.

« J’accomplirai mes devoirs, dans le respect de la loi et des décisions des tribunaux », a répondu M. Mori, 60 ans, interrogé par la presse sur sa position à l’égard de la peine de mort.

Le Japon est le dernier grand pays industrialisé, avec les Etats-Unis, où la peine de mort est encore en vigueur.

Seiken Sugiura, ministre de la Justice entre 2005 et 2006, avait refusé de signer les arrêts de mort en vertu de ses convictions bouddhistes. Cette période avait correspondu à un moratoire de facto des exécutions au Japon qui ont ensuite repris à un rythme accéléré.

Depuis le 25 décembre 2006, 26 condamnés à mort ont été exécutés dans l’archipel, dont 13 depuis le début 2008, un rythme inédit depuis 1975.

Le prédécesseur de M. Mori, Okiharu Yasuoka, en poste pendant moins de deux mois, a signé trois ordres de pendaison. Le ministre précédent, Kunio Hatoyama, en avait signé le nombre record de 13 en l’espace d’un an, ce qui avait amené un journal à le surnommer « Shinigami », le « dieu de la mort » japonais dont la représentation est inspirée de la « Faucheuse » de la culture occidentale.

M. Hatoyama a lui été nommé mercredi ministre de l’Intérieur dans le gouvernement du nouveau Premier ministre Taro Aso.

AFP