Une vente aux enchères d’objets japonais de valeur aura lieu le 13 juin à l’hôtel Drouot à Paris. Mais vendre des objets japonais aux enchères, qu’est-ce que ça implique ?

Ventes aux enchères : qu’est-ce que c’est ?

Armure de guerrier japonais (yoroi)
Armure de guerrier japonais (yoroi)

Une vente aux enchères n’est pas une vente comme une autre et ce type de transaction existait déjà dans l’antiquité : à cette époque, la main d’une femme était offerte au plus offrant. Depuis, les choses ont bien sûr évolué et les ventes aux enchères sont de plus en plus courantes, notamment avec l’avènement  d’Internet, et peuvent concerner des biens de plus en plus complexes : voitures, art de tous les continents et autres objets mais aussi fréquences radio, licences de téléphonie mobile…

Quant à la procédure, tout le monde a en tête, après l’avoir vu au cinéma ou à la télévision, le commissaire-priseur et son fameux marteau criant « adjugé » après une surenchère plus ou moins animée. Ce que l’on sait moins, c’est que grâce aux nouvelles technologies, ce type de vente s’est démocratisé ces dernières années et avec internet, il est dorénavant possible d’assister à une vente en ligne. Les salles possèdent des caméras qui permettent aux personnes qui ne peuvent se déplacer d’assister et de participer à la vente (en s’inscrivant par exemple pour les ventes à Drouot sur le lien www.drouotlive.com).

Par ailleurs, la veille de la vente (et aussi souvent le matin de celle-ci) une exposition publique des objets a lieu. Cette exposition donne l’opportunité à tout visiteur de voir les objets de plus près, de poser des questions à leur propos et de se préparer à l’actuelle vente. On dit même que flâner dans les couloirs de Drouot donne le sentiment de se promener dans un énorme musée et qu’assister à une exposition et/ou une vente est une expérience inoubliable. A noter que pour faire ses repérages, il est également possible de consulter un catalogue des pièces à acquérir.

Vente aux enchères : pourquoi et pour qui ?

Casque kabuto-zunari («casque en forme de tête») laqué noir.
Casque kabuto-zunari («casque en forme de tête») laqué noir.

De nos jours, et contrairement aux idées reçues, assister à une vente aux enchères n’est pas réservée aux millionnaires collectionneurs. En effet, la valeur de certains des objets mis en vente ne dépasse pas quelques centaines d’euros et on peut y dénicher toute sorte d’objets (tels que des statues et autres objets bouddhistes, des armures yoroi, des vases, des meubles tansu, etc…). S’il est vrai que certains visiteurs sont des avides connaisseurs, toute personne intéressée par l’art japonais y est la bienvenue.

Lors de la vente du 13 juin, par exemple, on trouvera un type d’objet qui passionnera tout particulièrement les amateurs d’art martiaux : les armures yoroi. Certaines de ces armures datent de la période Edo (1614-1868) et sont tout simplement superbes. Ornées de cordelettes et composées de plaquettes de métal, elles étaient destinées à protéger les samouraïs lors des combats. Elles étaient constituées de plusieurs parties mais l’assemblage des diverses pièces de l’armure était conçues de manière à nuire le moins possible à la mobilité. On peut aussi trouver des coffres de rangement pour armure (yoroibako), garnis de laque rouge ou doré, renforcés de ferrures et portant même parfois les emblêmes des familles auxquels ils ont appartenu. Vous trouverez aussi de nombreux casques de différents styles.

D’autres pièces sont aussi disponibles, tels que des statuettes bouddhistes ou des objets du quotidien (paravents, ensemble pour café, boîte à calligraphie…).

Drouot, véritable institution historique de la vente aux enchères

Grand coffre de rangement pour armure (yoroibako) en bois.
Grand coffre de rangement pour armure (yoroibako) en bois.

Dans le monde des ventes aux enchères, on ne peut pas passer à côté de l’Hôtel Drouot à Paris, précurseur dans son domaine. Il possède 16 salles de vente et il est le rendez-vous incontournable dans le domaine de l’art français et international pour les ventes aux enchères. Au 19e siècle, la Compagnie des commissaires-priseurs avait réalisé que le manque de place dans des locaux loués mal adaptés ou pire, chez le vendeur lui-même, commençait à devenir problématique. C’est donc ainsi que la création d’un espace dédié aux enchères publiques a été lancée. Avec l’augmentation des besoins, la recherche d’un nouveau local est devenue indispensable. Le bâtiment actuel se situe rue Drouot à Paris mais la capitale regorge d’autres sites indépendants.

C’est donc Drouot qui accueillera la prochaine vente aux enchères de centaines d’objets traditionnels japonais, vente gérée par la société Boisgirard-Antonini.

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