Le gouvernement Japonais minimise la probabilité de mesures massives de relance

Le gouvernement japonais a minimisé vendredi la probabilité de mesures massives de relance budgétaire destinées à remettre à flot l’économie chancelante du pays, alors qu’il doit annoncer la semaine prochaine une série de décisions économiques.
« Nous devons rester prudents en matière budgétaire en élaborant diverses mesures », a déclaré le ministre de la Politique économique et budgétaire Kaoru Yosano.
Le ministre des Finances Bunmei Ibuki a indiqué que le gouvernement n’avait pas l’intention d’émettre de nouvelles obligations pour financer cette série de mesures économiques.
Plusieurs parlementaires issus de la coalition au pouvoir appellent le gouvernement à procéder à une injection massive d’argent public afin de relancer l’économie du pays, qui a subi une contraction au second trimestre, se rapprochant d’une possible récession.
Ces appels sont particulièrement pressants dans les zones rurales, où les électeurs ont boudé le parti au pouvoir lors des dernières élections à la chambre haute.
Le Premier ministre Yasuo Fukuda a annoncé son intention de lancer un plan de mesures économiques peu après avoir remanié son gouvernement début août, afin d’enrayer l’effondrement de sa courbe de popularité.
Il a notamment promis de s’attaquer à la hausse des prix des carburants et des biens de consommation, pour aider en particulier les petites entreprises et les agriculteurs.
Mais des ministres ont aussi souligné le besoin de s’attaquer au déficit budgétaire.
Héritage des politiques de relance des années 1990, quand la deuxième économie mondiale était engluée dans la récession et la déflation, la dette publique japonaise est la plus élevée de tous les pays industrialisés. Elle atteignait en 2007 environ 180% du produit intérieur brut (PIB) du pays, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
Les mesures à venir devraient être modestes comparé aux précédentes, estiment les analystes.
« La marge de manoeuvre pour stimuler les dépenses budgétaires est limitée », a commenté Takehiro Sato, de Morgan Stanley. « Toute dépense qui s’appuierait sur des émissions d’obligations risquerait de refroidir les attentes des ménages et des entreprises pour le futur, contrebalançant l’effet des mesures de relance », a-t-il ajouté.
– Avec Dow Jones Newswires –

lesechos.fr