Une reconstruction lente dans le Tôhoku

Malgré les promesses du Premier ministre Shinzo Abe ainsi qu’une augmentation du budget alloué, la reconstruction du nord-est du Japon reste encore lente.

Des logements temporaires à Shichigahama, Miyagi (© Daisuke TSUDA)

Des logements temporaires à Shichigahama, Miyagi (© Daisuke TSUDA)

Après sa prise de fonction en décembre dernier, Abe a annoncé une augmentation du budget pour la reconstruction passant de 19 milliards à 25 milliards de yens. Il a également créé un nouveau bureau de l’Agence de Reconstruction, le Siège de Fukushima pour la Reconstruction et la Revitalisation. Ce dernier travaille en parallèle avec le Siège de Tôkyô pour la Reconstruction et la Revitalisation de Fukushima afin d’accélérer le processus sur le terrain.

Malgré cela, 100 000 personnes vivent encore dans des logements temporaires. D’après des officiels de l’agence, en mars, seul 1.2% des projets de logements publics ont été achevés.

La reconstruction a également été marquée par des scandales et des faux pas, les plus importants sont, sans doute, le détournement de fonds sur d’autres projets et des messages diffamatoires postés sur Twitter par un responsable de l’Agence de Reconstruction.

Ce dernier n’est plus en poste et a été suspendu par le ministre de la Reconstruction, Takumi Nemoto. De plus, le gouvernement a lancé une enquête concernant l’utilisation des fonds et demande que l’argent non utilisé lui soit retourné.

À cela s’ajoute, dans les zones sinistrées, une pénurie de spécialistes de la construction. Pénurie que les autres préfectures sont peu enclines à faire disparaitre, en partie car le gouvernement cherche à développer les travaux publics sur l’ensemble du territoire.

Selon Abe, ce développement doit rendre le Japon plus sûr face aux catastrophes mais aussi promouvoir la croissance des économies locales. Selon l’opposition, cela est l’une des causes de la lenteur de la reconstruction du nord-est du pays.

Enfin, le problème du stockage des déchets radioactifs n’est toujours pas résolu car aucune commune ne souhaite accueillir un centre de stockage, même temporaire. Pour l’instant, il est difficile de savoir si un tel centre sera opérationnel avant début 2015.

Pierre-Etienne De Lazzer – source : The Japan Times