Apparaissant vers la fin du 18e siècle, durant l’époque Edo (1603-1868), le surimono renouvelle le genre de l’estampe japonaise. Ce genre nouveau, littéralement « chose imprimée », est le travail de poètes et artistes qui réunit illustration et poème sur une même page. Produits en édition limitée, ils étaient destinés à un usage privé – offerts à l’occasion du Nouvel An ou lors de fêtes.

Gravures réalisées sur du papier de qualité (hosho), elles se distinguent à la fois par l’emploi de pigments métalliques tels que la poudre d’or, ainsi que par une technique d’impression spécifique, le gaufrage, permettant d’imprimer les illustrations en relief. Cette technique sera reprise par les estampes classiques à partir des années 1850, une fois le surimono disparu du fait de certaines lois.

su1L’exposition présente une sélection de planches qui démontre la variété des sujets. Animaux symboles de bon augure (carpe, tigre, tortue), acteurs, courtisanes, personnages légendaires sont autant de thèmes traités par les plus grands artistes de l’estampe, parmi lesquels figurent Katsushika Hokusai, Utagawa Kunisada,ou Yashima Gakutei.

Les couleurs délicates, le jeu des caractères et des écritures ainsi que des compositions claires permettent un savant dialogue entre texte et image : l’esprit du public lettré et raffiné de la capitale shogunale y montre toute sa finesse et son esprit humoristique.

Une exposition visible au Musée Guimet jusqu’au 4 avril 2016 : guimet.fr

Sylvain Revolon

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