Dans la revue de presse de ce lundi 31 août 2026, voici nos actualités : le Japon assouplit les règles sur les heures supplémentaires, les départements relèvent leurs salaires minimums malgré les inquiétudes des entreprises, et une ville japonaise va tester des robots avatars pour accompagner les élèves en difficulté scolaire.

Assouplissement des heures supplémentaires

Le Japon va assouplir dès mardi les recommandations adressées aux entreprises concernant les heures supplémentaires. Le ministère du Travail cessera notamment de demander systématiquement aux employeurs de rester sous le seuil de 45 heures supplémentaires par mois lorsque des accords prévoient des dépassements, sans pour autant supprimer cette limite de principe. Cette évolution répond aux demandes des organisations patronales, qui réclament davantage de flexibilité face aux pénuries de main-d’œuvre et aux périodes de forte activité. Plusieurs secteurs, notamment l’hôtellerie, les transports et l’industrie, estiment que les restrictions actuelles compliquent leur fonctionnement. Le gouvernement assure toutefois que les entreprises devront continuer à prendre des mesures pour protéger la santé des salariés. La décision provoque des critiques, notamment de la part de Rengo, le principal syndicat japonais, et d’un collectif d’avocats représentant des victimes du karōshi, la mort liée au surmenage. Le nombre de demandes d’indemnisation pour des troubles liés au travail a atteint un record de 6 212 cas en 2025, soit 1 402 de plus qu’un an auparavant. Depuis la réforme de 2018, les heures supplémentaires sont en principe limitées à 45 heures par mois et 360 heures par an, avec des exceptions pouvant aller jusqu’à 720 heures par an. Un économiste juge le nouvel assouplissement raisonnable, mais s’interroge sur la capacité des salariés à refuser réellement davantage d’heures dans une culture professionnelle marquée par la pression hiérarchique. Le Japon ne dispose par ailleurs toujours pas d’un véritable droit à la déconnexion, tandis que les systèmes garantissant un temps de repos entre deux journées de travail restent peu répandus. Le débat oppose ainsi la volonté de répondre aux besoins des entreprises à celle de poursuivre la lutte contre le surmenage.

Hausse des salaires minimums

Le Japon voit s’intensifier la concurrence entre les départements pour élever les salaires minimums, tandis que les entreprises font face à une pénurie de main-d’œuvre. Le cas d’Akita illustre cette tension : longtemps classé dernier du pays, le département a relevé son salaire minimum de 80 yens, à 1 031 yens de l’heure (environ 6,20 €). Cette hausse lui a permis de quitter la dernière place, mais elle a aussi suscité l’inquiétude des entreprises locales. À l’échelle nationale, le salaire minimum moyen s’établit actuellement à 1 121 yens (environ 6,90 €), contre 1 226 yens (environ 7,50 €) à Tōkyō, le niveau le plus élevé du pays. Les salaires horaires dépassent désormais les 1 000 yens dans l’ensemble des 47 départements. Pour les salariés, cette progression est essentielle face à la hausse du coût de la vie. Pour les petites et moyennes entreprises, elle représente en revanche une augmentation importante des charges. À Akita, le groupe de supermarchés Marudai estime ainsi que la hausse pourrait faire grimper ses coûts de plusieurs millions de yens chaque mois. Son président déplore également les difficultés persistantes de recrutement, malgré des salaires supérieurs au minimum légal. Plus de 80 % de ses quelque 400 employés sont des travailleurs non permanents, particulièrement concernés par ces évolutions. Le gouvernement cherche pourtant à encourager les hausses de salaires afin de retenir les jeunes dans les régions rurales, confrontées à un exode vers les grandes villes. Pour cette raison, le conseil consultatif d’Akita avait notamment souhaité sortir le département de la dernière place du classement. Mais face aux difficultés rencontrées par les entreprises, l’entrée en vigueur de la nouvelle rémunération minimale, initialement prévue en octobre, a finalement été repoussée au 31 mars. Le gouvernement entend poursuivre cette progression : une hausse moyenne de 55 yens, soit 4,9 %, a été recommandée pour l’exercice en cours, ce qui porterait le salaire minimum moyen national à 1 176 yens (environ 7,20 €).

Des robots à l’école

La ville de Shimotsuke, dans le département de Tochigi, va tester des robots pour aider les enfants qui rencontrent des difficultés à fréquenter régulièrement l’école ou à interagir avec les autres. Le programme, qui débutera le 1er septembre, permettra aux élèves de participer à certaines activités scolaires et à des séances de soutien depuis un environnement où ils se sentent en sécurité. La ville sera la première du département à expérimenter cette technologie pour accompagner les élèves confrontés à des problèmes de fréquentation scolaire. Le dispositif repose sur OriHime, un robot blanc d’environ 20 centimètres équipé d’une caméra, d’un microphone et d’un haut-parleur. Depuis une tablette ou un smartphone, l’élève peut contrôler l’appareil et suivre à distance ce qui se passe dans la salle en temps réel. Il peut également communiquer avec les personnes présentes grâce à la voix ou à une messagerie instantanée. Le robot dispose par ailleurs d’une vingtaine de mouvements, comme tourner la tête ou lever la main, afin de reproduire une présence physique et faciliter les échanges avec les autres élèves. Les appareils seront installés dans le centre municipal de soutien à l’éducation, fréquenté par des enfants ayant des difficultés à se rendre en classe. La municipalité espère ainsi réduire la pression ressentie par ces enfants et leur permettre de maintenir un lien avec les autres. L’objectif à terme est de les accompagner progressivement vers un retour progressif en classe ou des consultations en face à face. Une phase d’expérimentation de quatre mois permettra d’évaluer l’efficacité du dispositif avant de décider de sa poursuite. Le maire de Shimotsuke, Tetsuya Sakamura, souhaite ainsi mettre en place un système permettant de soutenir les élèves sans les laisser à l’écart.

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