Plus de 2 000 victimes de l’empoisonnement au mercure de la baie de Minamata, dans le sud-ouest du Japon, vont être indemnisées un demi-siècle après la plus grave pollution industrielle jamais enregistrée dans l’Archipel.

Ces plaignants font partie des dizaines de milliers de personnes intoxiquées par l’entreprise chimique Chisso, qui a déversé du mercure pendant des années dans la baie de ce port de pêche de l’île de Kyushu. Elles souffrent de spasmes, peinent à marcher et à s’exprimer, et des enfants sont nés dans les années 50 et 60 porteurs de handicaps physiques et mentaux.

L’accord conclu lundi devant un tribunal entre ces victimes, les autorités nippones et Chisso prévoit une indemnité de 2,1 millions de yens par personne (17 000 euros), payée par l’entreprise, et une allocation gouvernementale mensuelle pouvant aller jusqu’à 17 700 yens (140 euros). L’association des plaignants recevra en outre 2,95 milliards de yens (23,5 millions d’euros) de dommages et intérêts.

Cet arrangement a été rendu possible par l’adoption en juillet d’une loi spécifique qui a facilité l’octroi du statut de malade aux victimes de l’empoisonnement de Minamata. Jusqu’à présent, 13 000 personnes avaient été reconnues victimes de cet empoisonnement. L’accord pourrait s’appliquer selon les mêmes termes à plus de 30 000 autres victimes qui n’ont pas été reconnues officiellement jusqu’à présent. Les autorités les invitent à déposer leur dossier à partir de mai, et espèrent régler définitivement ce litige d’ici à la fin de l’année.

Les premiers problèmes sanitaires avaient été signalés dès 1956, mais l’entreprise a continué de déverser du mercure dans la baie jusqu’en 1968. En 1974, l’ORTF revenait sur le drame de Minamata, rencontrant à la fois des victimes de la pollution et des dirigeants de Chisso.

[Source : Lemonde.fr->http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2010/03/29/japon-plus-de-2-000-victimes-indemnisees-pour-un-empoisonnement-au-mercure_1325722_3216.html]

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