Dans la revue de presse de ce jeudi 16 juillet 2026, voici nos actualités : karōshi en hausse face à la pression professionnelle, le décès du prix Nobel de Médecine 1987, la légère baisse du tourisme sur fond de tensions avec la Chine, ainsi que la rencontre avec le gouverneur du département d’Ibaraki.
Surcharge au travail
Chaque année, des milliers de Japonais sollicitent le ministère de la Santé pour des maladies ou des décès liés au surmenage au travail. Un chiffre en constante évolution depuis quatre ans. Sur les 1310 cas reconnus, 1100 d’entre eux concernaient des troubles mentaux graves. La dépression et les accidents vasculaires menant à la crise cardiaque ne sont qu’un échantillon des effets secondaires de la surcharge au travail. Le plus alarmant reste le nombre de cas de karōshi enregistrés : 145. Ce chiffre représente le nombre de décès directement liés à la surcharge de travail. Si le nombre de décès a légèrement baissé, le nombre de demandes a, lui, augmenté de 1 400 par rapport à l’année précédente. Les raisons de ces burn-out s’expliquent par de mauvaises relations avec la hiérarchie, du harcèlement de pouvoir ou encore des attentes trop élevées en termes de résultat. En effet, le pays est connu pour son éthique de travail exigeante, poussant parfois les employés à travailler jusqu’à près de 1 000 heures supplémentaires par an dans les cas les plus extrêmes. Ce problème de surmenage intervient alors que la Première ministre, Sanae Takaichi, tente d’assouplir les règles encadrant le temps de travail. Elle justifie ce choix en affirmant que cela permet de compenser la pénurie de main-d’oeuvre dans le pays. Cependant ce choix est assez controversé, notamment par la présidente de Work-Life-Balance, Yoshie Komuro, qui affirme que le Japon risque de perdre sa main-d’oeuvre qualifiée à cause de la surcharge.
Décès d’un prix Nobel
Ce samedi 11 juillet, le lauréat japonais du prix Nobel de médecine est décédé à l’âge de 86 ans. Né à Nagoya en 1939, il intègre la faculté des sciences de l’université de Kyōto avant d’y obtenir son diplôme en 1963. Après cela, il quitte l’Archipel pour travailler à l’Institut d’immunologie de Bâle (Suisse), avant de déménager aux États-Unis où il enseignera dès 1981 au Massachusetts Institute of Technology. Finalement, à partir des années 1980, il réoriente progressivement ses recherches vers les neurosciences. Il est devenu célèbre pour avoir percé l’un des plus grands mystères de l’immunologie : la capacité du corps humain à produire divers anticorps. À l’époque on croyait que les gènes ne changeaient pas. Tonegawa a démontré que les segments de gènes responsables de la production d’anticorps pouvaient se recombiner afin de former un éventail d’anticorps plus large. Ce changement permet ainsi à l’organisme de s’adapter aux agents étrangers et ainsi permettre au système immunitaire de défendre l’organisme contre les maladies. Durant sa carrière, il a obtenu plusieurs prix, comme le prix Asahi en 1981, l’Ordre de la culture en 1984 ainsi que le prix Nobel de médecine en 1987 grâce à cette découverte.
Recul du tourisme
Le pays du Soleil-Levant enregistre une baisse du nombre de visiteurs étrangers, une première sur un semestre depuis la période du Covid. En effet, selon les données gouvernementales, le nombre de touristes étrangers a diminué de 2 % entre janvier et juin. Cette légère baisse intervient dans un contexte tendu entre le Japon et la Chine concernant Taïwan. Si dans certaines régions le Japon continue de séduire, notamment en Corée du Sud, avec une hausse de 18,6 % (soit 5,68 millions), ou à Taïwan avec plus de 20,9 % (soit 3,97 millions), la Chine, elle, marque un net recul. Cela est dû aux dernières déclarations de la Première ministre japonaise, Sanae Takaichi. Alors que la Chine revendique l’appartenance de Taïwan, le Japon assume une position plus ferme concernant la sécurité de Taïwan. Le gouvernement de Xi Jinping a invité ses citoyens à ne pas se rendre sur l’Archipel afin de protester contre les déclarations japonaises, considérées par Pékin comme une ingérence. Malgré cette légère diminution des visiteurs étrangers, le Japon enregistre une augmentation des dépenses liées au tourisme. Toujours entre janvier et juin, les dépenses des voyageurs ont augmenté de 1,3 %, ce qui représente 4 850 milliards de yens, soit 26 milliards d’euros.
Tourisme à Ibaraki
À l’occasion d’une rencontre organisée le 9 juillet, le gouverneur du département d’Ibaraki, Kazuhiko Ōigawa, a présenté aux professionnels français les nombreux atouts touristiques de ce territoire encore peu connu, situé aux portes de Tōkyō. Il recommande notamment de découvrir Ibaraki au rythme de ses floraisons. De mi-février à début mars, les pruniers du jardin Kairaku-en offrent un premier spectacle, avant les célèbres némophiles du parc côtier de Hitachi, qui recouvrent les collines d’un immense tapis bleu entre fin avril et début mai. Côté gastronomie, le gouverneur invite les visiteurs à goûter les fruits produits dans le département, particulièrement réputée pour ses melons, ses fraises et ses raisins. Son message aux Français est simple : au-delà de Tōkyō, Kyōto et Ōsaka, Ibaraki permet de découvrir un Japon plus quotidien et préservé, d’échanger avec ses habitants et d’ajouter facilement une ou deux journées plus authentiques à son voyage.



