La Chine a exprimé vendredi sa préoccupation auprès du gouvernement japonais après la diffusion sur internet d’une vidéo montrant la collision entre un chalutier chinois et des garde-côtes japonais, au centre d’une grave crise diplomatique entre les deux géants asiatiques.

« La Chine a tenu à faire part de sa préoccupation par la voie diplomatique à Tokyo et à Pékin », a déclaré à la presse le ministre japonais des Affaires étrangères, Seiji Maehara.

Les autorités japonaises ont toujours refusé de divulguer les images filmées par les garde-côtes lors de l’incident survenu le 7 septembre autour d’îles contestées de la mer de Chine orientale, afin de ne pas irriter Pékin.
Seul un montage de sept minutes avait été montré au Premier ministre japonais Naoto Kan et à une trentaine de parlementaires.

Malgré ces précautions, une vidéo de 44 minutes relatant la totalité de l’incident a été découverte tôt vendredi matin sur le site de partage YouTube, puis reprise en boucle par les chaînes de télévision japonaises.
« Je pense qu’elle a probablement été prise par les garde-côtes », a dit M. Maehara. « Si la vidéo a fait l’objet d’une fuite, cela signifie que des documents gouvernementaux ont été divulgués malgré le secret auquel sont tenus les fonctionnaires. Il s’agirait alors d’une affaire criminelle », a-t-il martelé.

Les relations entre les deux géants asiatiques traversent depuis deux mois la plus grave crise de ces dernières années, en raison de cet incident survenu dans les parages de ces îles inhabitées, administrées par le Japon, mais revendiquées par la Chine et Taïwan.

Appelés Senkaku en japonais et Diaoyu en chinois, ces îlots sont entourés d’eaux très poissonneuses et leurs fonds marins pourraient renfermer des hydrocarbures.

Le capitaine du chalutier chinois, accusé d’avoir délibérément percuté deux navires des garde-côtes japonais, avait été arrêté le 8 septembre, mais devant le déferlement de protestations, de menaces et de représailles de la Chine, le Japon l’avait finalement libéré le 24 septembre.
Les garde-côtes vont ouvrir une enquête à propos de la vidéo placée sur YouTube, a annoncé leur chef, Hisayasu Suzuki, en commission parlementaire, alors que des officiers des garde-côtes, cités par les médias japonais, ont confirmé l’authenticité des images diffusées sur internet.

« Il est extrêmement problématique qu’un document aussi important, pouvant affecter gravement l’avenir des relations sino-japonaises, puisse faire aussi facilement l’objet d’une fuite », a dénoncé de son côté Mizuho Fukushima, dirigeante du Parti Social-Démocrate (opposition).

La tension entre les deux géants asiatiques n’est toujours pas retombée, malgré des tentatives jusqu’ici infructueuses pour organiser un sommet entre M. Kan et le Premier ministre chinois Wen Jiabao.

Le porte-parole du gouvernement japonais, Yoshito Sengoku, a déclaré vendredi qu’il espérait « qu’un sommet Chine-Japon pourrait se tenir » lors du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (Apec) à la mi-novembre à Yokohama, près de Tokyo.

Le président chinois Hu Jintao doit en principe assister à cette réunion aux côtés d’une vingtaine d’autres chefs d’Etat, dont le président russe Dmitri Medvedev et américain Barack Obama. Mais sa venue n’a toujours pas été confirmée par Pékin.

Source: [AFP->

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