Le Japon connaît une véritable descente aux enfers. Pertes colossales, licenciements massifs, les entreprises de l’archipel vivent un cauchemar. Chaque jour, ou presque, apporte une nouvelle plus mauvaise que la précédente.

Vendredi, le ministère de l’Économie a annoncé que la production industrielle du pays avait chuté de 9,6 % en décembre par rapport à novembre. C’est son troisième recul en trois mois. Le plongeon atteint 20,6 % sur un an ! Et cela risque de continuer. Les chefs d’entreprise s’attendent à une baisse de 9,1 % pour janvier et de 4,7 % en février. À cette date, revenue à son niveau de 1983, la production industrielle aura «plus chuté en cinq mois qu’elle n’a augmenté au cours du quart de siècle précédent», calcule un écono­miste de Macquarie Securities.

Le Japon paie sa dépendance vis-à-vis de ses clients étrangers. Habitué à un commerce extérieur excédentaire, Tokyo a enregistré en décembre son troisième mois consécutif de déficit commercial (2,6 milliards d’euros). Les entreprises, faute de débouchés et confrontées à la hausse du yen face au dollar et à l’euro (+ 23 % en 2008 par rapport à la monnaie européenne), taillent dans leurs effectifs.

Le chômage a augmenté de 4,4 % entre novembre et décembre, dépassant toutes les prévisions des analystes. À 4 % de la population active, il touche 2,7 millions de personnes. C’est son niveau le plus haut depuis trois ans. Et encore ne prend-il pas en compte les travailleurs précaires.

Un système social obsolète

Ces licenciements menacent le Japon d’une catastrophe sociale sans précédent. Certes, l’assurance chômage existe dans l’Archipel, mais elle ne concerne que les employés réguliers et les indemnités versées (entre 45 % et 80 % du salaire des six derniers mois) le sont souvent pour 90 jours seulement. Les 33,5 % de Japonais qui ne sont pas salariés réguliers ne touchent pratiquement rien.

Il n’est guère surprenant, dans ces conditions, de voir la consommation des ménages, qui compte pour plus de la moitié de la formation du produit intérieur brut du pays, ralentir. En décembre, elle a reculé de 4,6 %, enregistrant son dixième mois de baisse d’affilée.

Ce ne sont pas les achats de voitures ou de matériel électronique qui sont les plus affectés, mais les dépenses concernant le logement (- 9,2 % sur un an) et les soins médicaux (- 8 %). Des soins de plus en plus chers pour l’État au fur et à mesure que la population vieillit, mais aussi de plus en plus difficiles à assumer par les familles dans la mesure où les maladies les plus coûteuses, comme le cancer, ne sont pas remboursées par l’assurance-maladie.

Les Japonais ont donc recours à des mutuelles qu’ils ne peuvent plus payer dès lors qu’ils perdent leur emploi. Le premier ministre, Taro Aso, qui a fustigé cette semaine, devant les parlementaires, un «système social devenu obsolète», reconnaît ouvertement que la crise est grave. Balayant celle de 1991, il ne lui trouve que deux comparaisons possibles : l’ère Meiji, qui a vu le Japon sortir de son isolement pour se moderniser, et la Seconde Guerre mon­diale où, vaincu, il lui a fallu totalement se reconstruire…

Arnaud Rodier

[Le Figaro->http://www.lefigaro.fr/economie/2009/01/31/04001-20090131ARTFIG00292-le-japon-s-enfonce-de-plus-en-plus-dans-la-crise-.php]

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