Dans la revue de presse de ce lundi 10 août 2026, voici nos actualités : le Japon durcit encore ses règles concernant les travailleurs étrangers, le maire de Nagasaki, descendant de survivant de la bombe, alerte, et le sanctuaire Yasukuni instaure un code vestimentaire strict.
Résidence permanente menacée
Le gouvernement japonais prévoit à nouveau de durcir les conditions d’accès à la résidence permanente. Cette décision a suscité la colère de nombreux résidents étrangers. Installés pourtant depuis plusieurs années, certains se demandent s’ils peuvent encore rester dans le pays. À partir d’avril 2027, les demandeurs devront notamment avoir obtenu la durée maximale de séjour correspondant à leur visa, généralement cinq ans, avant de pouvoir demander la résidence permanente après dix ans au Japon. Le problème est que les autorités n’ont pas dévoilé les critères expliquant pourquoi certains reçoivent un visa d’une, deux ou cinq années. De plus, le gouvernement prévoit d’augmenter les exigences en termes de revenus mais aussi les cotisations de retraite. Selon Nick Woolsey, fondateur de Japan Remotely, ces nouvelles mesures pourraient décourager les jeunes à cause des exigences de revenus et les personnes âgées à cause des exigences de retraite. Ces règles pourraient aussi affecter les régions rurales, où les salaires sont souvent plus faibles et où la main-d’œuvre étrangère est pourtant nécessaire. Ces nouvelles mesures pénaliseront les travailleurs précaires et ceux dont les revenus ne sont pas fixes. J.R., un Américain qui travaille dans la revitalisation régionale, dénonce ainsi une situation de l’œuf et de la poule, « Sans visa de cinq ans, je ne peux pas demander la résidence permanente après dix ans ». Certains reconnaissent toutefois la logique du gouvernement. Jake Nalton, qui a obtenu la résidence permanente en 2021, estime que les exigences de revenus et de retraite peuvent servir à garantir que les futurs résidents puissent subvenir eux-mêmes à leurs besoins à long terme. Le débat porte donc sur la manière de trouver un équilibre entre un système capable de sélectionner des résidents financièrement autonomes et la nécessité de ne pas décourager des étrangers déjà intégrés, qui travaillent et participent à la vie des communautés japonaises.
81 ans après Nagasaki
Ce 9 août, la ville de Nagasaki commémorait le 81e anniversaire du bombardement atomique américain. Lors de cette cérémonie, certains responsables ainsi que des hibakusha, survivants de la bombe, ont rappelé l’importance du désarmement nucléaire. Ces déclarations interviennent alors que les tensions internationales s’intensifient et que le Japon envisage de réexaminer les principes non-nucléaires. Environ 2 600 personnes, dont des ambassadeurs de 98 pays, se sont réunies dans le parc de la Paix pour la cérémonie commémorative annuelle. À 11h02, l’heure exacte à laquelle la bombe a explosé, elles ont observé une minute de silence en mémoire des victimes. Le maire de la ville, Shiro Suzuki, a souligné l’importance de la paix avant que ne disparaisse la génération des hibakusha. En effet, l’âge des survivants dépasse aujourd’hui les 86 ans, il est donc essentiel de poursuivre ce travail de mémoire. Suzuki, lui-même fils de survivant, a averti que plus de 12 000 ogives nucléaires existent encore dans le monde. Dans son discours, la Première ministre Sanae Takaichi a déclaré que le Japon respecterait fermement les les trois principes non nucléaires. « Avec la promesse que Nagasaki sera le dernier endroit à subir un bombardement atomique, nous promouvons des initiatives réalistes et pratiques en faveur de la réalisation d’un monde sans armes nucléaires, en tant que seul pays à avoir subi un bombardement atomique pendant une guerre ».
Fini les tenues militaires
À l’approche du 81e anniversaire de la capitulation du Japon lors de la Seconde Guerre mondiale, le sanctuaire Yasukuni de Tōkyō a interdit le port de certaines tenues. Le lieu de culte a demandé aux visiteurs de ne pas porter de « tenue militaire », ce qui comprend les uniformes et les équipements. Il affirme que cela vise à maintenir « la tranquillité et la dignité du lieu sacré où sont vénérés les esprits des morts de guerre ». Cette annonce survient quelques jours avant le 15 août, date anniversaire de la fin de la guerre, une date à laquelle de nombreux visiteurs se rendent à Yasukuni pour honorer les morts de guerre. Fondé en 1869, le sanctuaire rend hommage à plus de 2,5 millions de personnes. Jusqu’alors, de nombreux hommes portant des tenues de l’armée impériale se rendaient au sanctuaire à cette occasion. Cela ne sera désormais plus possible. Cette nouvelle règle a cependant suscité des réactions mitigées.



