Dans la revue de presse de ce vendredi 7 août 2026, voici nos actualités : un membre du parlement dénonce le manque de discipline du parti de Takaichi, Bank of America anticipe un net rebond du yen d’ici la fin de l’année, et des rumeurs de séisme artificiel continuent de circuler après la catastrophe de Kumamoto.
Critique politique
Un proche allié de l’ex-Premier ministre Shinzō Abe met en cause la méthode de la Première ministre Sanae Takaichi. Selon Kōichi Hagiuda, la coordination fait défaut au sommet de l’État : les informations circulent parfois de manière désordonnée, et certaines décisions sont prises sans concertation suffisante avec la coalition au pouvoir. Il se souvient de l’ère Abe, quand le secrétaire exécutif Takaya Imai tenait fermement les rênes du calendrier politique, ce qui donnait à chacun le sentiment de porter une part de responsabilité. Le constat surprend d’autant plus que le bilan législatif reste solide : les 64 projets de loi du gouvernement ont tous été votés lors de la dernière session, dont la révision de la loi sur la maison impériale, que Hagiuda qualifie de « réussite historique ». Mais le texte sur une capitale secondaire n’a été adopté qu’avec deux voix d’avance, et la réforme réduisant les sièges à la Chambre basse a dû être reportée après un boycott de l’opposition. Ces tensions trahissent, selon lui, un manque d’entente avec le Parti de l’innovation du Japon, partenaire minoritaire de la coalition. Sur une possible reconstitution de l’ancienne faction Abe, à laquelle il appartenait, Hagiuda tranche : « Je ne songe pas à reconstituer la faction », sans pour autant fermer la porte à un réseau informel de parlementaires fidèles à cette ligne politique.
Le yen va rebondir
Bank of America anticipe un net rebond du yen d’ici la fin de l’année. La banque table désormais sur 149 yens pour un dollar, contre environ 158 yens pour un dollar actuellement, soit un gain d’environ 6 %. Deux facteurs expliquent ce pari : l’intervention conjointe de Washington et Tōkyō sur le marché des changes, et une hausse probable des taux de la Banque du Japon dès septembre pour freiner l’inflation. La monnaie japonaise était pourtant tombée à son plus bas niveau depuis quarante ans, autour de 164 yens pour un dollar, plombée par l’écart de taux entre les deux pays. L’intervention l’a fait remonter à près de 155, avec quatre jours de hausse d’affilée avant un léger recul. C’est la première fois depuis 1998 que les deux gouvernements interviennent ensemble sur le yen, un geste que les analystes jugent décisif : avec la participation américaine, « le principal obstacle à de nouvelles interventions a pratiquement disparu ». Bank of America a également relevé sa prévision pour le trimestre en cours, à 153 yens contre 154, et les deux pays se disent prêts à agir de nouveau si nécessaire.
Rumeurs d’un séisme artificiel
Le séisme de magnitude 7,1 qui a frappé Kumamoto le 28 juillet continue de nourrir des théories complotistes en ligne, rapporte l’agence Kyōdō. Le jour même, un utilisateur de X avait affirmé que l’onde sismique ressemblait à « celle d’une explosion, et non d’un séisme naturel ». Ce message a été très relayé, atteignant environ 3 millions de vues. D’après la société américaine Meltwater, les mentions du terme « séisme artificiel » en japonais ont bondi de quelques centaines par jour avant la catastrophe à environ 10 000 le jour même, puis 38 000 le lendemain. La Société sismologique du Japon rejette cette théorie : provoquer artificiellement un séisme de cette ampleur supposerait notamment de forer à plus de 10 kilomètres de profondeur et d’y installer un dispositif capable de libérer une énergie considérable, ce qui dépasse largement les capacités techniques actuelles.. Le Centre japonais de vérification des faits (Japan Fact-check Center) pointe un autre ressort, plus prosaïque. Comme les réseaux sociaux rémunèrent l’engagement, ce modèle incite à publier ce genre de contenu, que leurs auteurs y croient sincèrement ou sachent pertinemment que ces affirmations sont fausses.



