Ichiro Ozawa, l’une des figures marquantes du Parti démocrate (PDJ, au pouvoir au Japon), a annoncé jeudi sa candidature au poste de dirigeant du parti lors du scrutin interne qui aura lieu le 14 septembre.
Le vainqueur de cette élection sera de fait, en vertu des traditions politiques nippones, le chef du gouvernement.

Naoto Kan, qui est à 63 ans le cinquième Premier ministre japonais en trois ans, a accédé à la tête du gouvernement début juin. Il voit aujourd’hui sa position remise en cause car il n’a pas été en mesure d’éviter au PDJ la perte de sa majorité absolue au Sénat (chambre haute) lors des élections du mois de juillet.

Ozawa reproche à Kan d’avoir émis l’idée, juste avant ces élections, d’une hausse de la TVA. Le Premier ministre a depuis lors mis une sourdine à ce projet, mais les alliés d’Ozawa ont bien l’intention d’en découdre désormais lors de l’élection de la direction du parti à la mi-septembre.
Agé de 68 ans, Ozawa, qui dirige la plus importante faction au sein du PDJ, représente une réelle menace pour l’avenir politique de Kan. Cependant, selon les analystes, il est difficile de dire dans quelle mesure il aura derrière lui suffisamment de soutiens, étant donné qu’il risque d’être inculpé dans une affaire de financement politique illicite.

{{{RISQUE DE FRACTURE AU SEIN DU PDJ}}}
{« Les scénarios sont multiples. Tout peut arriver », résume un professeur de l’Université Keio, Yasunori Sone. « Je pense qu’Ozawa a 40% de chances de l’emporter (le 14 septembre) »}, estime pour sa part Tomoaki Iwai, professeur en sciences politiques à l’université Nihon. {« Il n’a peut-être pas assez de gens derrière lui, mais il jouit d’appuis importants au niveau des échelons locaux du parti et parmi les militants des régions »}, ajoute-t-il.

Toujours considéré comme une sorte de « shogun de l’ombre » du fait de son influence, Ozawa a démissionné l’an dernier de son poste de dirigeant du PDJ en raison de l’affaire de financement des partis dans lequel il est impliqué. En juin, il avait également renoncé à son poste de numéro deux du PDJ.
L’annonce de la candidature d’Ozawa risque de créer un vide politique dans le pays au moment où le gouvernement est confronté à l’appréciation du yen et à une situation économique fragile.

Il n’est pas à exclure que le scrutin du 14 septembre se solde par une fracture au sein du PDJ en cas de défaite d’Ozawa, qui sera tenté alors de quitter le parti.

Si Ozawa échoue et quitte le PDJ avec seulement 20 à 30 des 412 députés du Parti démocrate de la chambre basse, Naoto Kan s’en tirera à moindre mal. Il faudrait qu’Ozawa réussisse à convaincre près de 70 députés PDJ de rompre les rangs pour priver la formation au pouvoir de leur majorité à la chambre basse. Or, les analystes doutent qu’un nombre important de députés PDJ rejoignent les rangs de l’opposition après le 14 septembre.

[Source: LesEchos.fr->http://www.lesechos.fr/info/inter/reuters_00276207-japon-ozawa-candidat-a-la-tete-du-pdj-face-a-kan-en-septembre.htm]

Article précédentDes « toilettes intelligentes » ou comment passer une visite médicale au « petit coin »
Article suivantMille ans d’histoire japonaise à Monaco