Dans la revue de presse de ce jeudi 3 septembre 2026, voici nos actualités : la police japonaise veut renforcer la surveillance à distance des smartphones des groupes criminels, les conducteurs âgés seront soumis à un test plus exigeant, et les funérailles de l’empereur émérite Akihito pourraient être considérablement allégées.
Surveillance à distance
Un comité d’experts de l’Agence nationale de police japonaise recommande d’autoriser l’analyse à distance des smartphones des groupes criminels anonymes, notamment dans les affaires de fraude et de vol. L’objectif serait d’accéder aux applications de communication chiffrées afin d’identifier leurs prochaines cibles et de prévenir les crimes avant qu’ils ne soient commis. Le dispositif nécessiterait au préalable l’identification des appareils concernés, puis l’obtention d’un mandat judiciaire. Les informations recueillies pourraient ensuite servir à la fois à prévenir des infractions et à alimenter les enquêtes. Cette mesure soulève toutefois des interrogations concernant le secret des communications, protégé par la Constitution japonaise, ainsi que le respect de la vie privée. Le comité estime néanmoins que l’atteinte à la vie privée pourrait être acceptable si elle reste encadrée dans l’intérêt public et limitée aux appareils liés à des crimes graves. L’accès serait réservé à des spécialistes désignés par le commissaire général de la police. Les données obtenues sans autorisation judiciaire devraient être supprimées, tandis que les propriétaires des appareils concernés seraient informés de la surveillance une fois tout risque pour l’enquête écarté.. Le comité appelle enfin à des garanties strictes afin d’éviter que des téléphones appartenant à des personnes étrangères aux activités criminelles soient analysés par erreur.
Permis plus strict
À partir de 2027, les conducteurs japonais de 75 ans et plus ayant commis une infraction au code de la route devront passer un test de conduite renforcé lors du renouvellement de leur permis. Actuellement, ceux ayant notamment grillé un feu ou dépassé les limitations de vitesse dans les trois années précédentes doivent déjà effectuer un examen pratique. En 2025, 156 513 personnes ont ainsi été testées parmi les 8,35 millions de conducteurs de 75 ans et plus. Toutefois, les conducteurs ayant réussi l’épreuve présentaient encore un taux d’accidents et d’infractions supérieur à ceux sans antécédent, poussant l’Agence nationale de police à revoir les critères. Le nouveau test évaluera notamment la capacité à changer de direction en effectuant une marche arrière, ainsi qu’à contrôler son environnement aux intersections peu visibles. Un contrôle insuffisant à un panneau stop entraînera une pénalité de 40 points, contre 20 auparavant, provoquant automatiquement l’échec. Les changements de direction inappropriés seront sanctionnés de 20 points, tandis qu’une absence de vérification des deux côtés à une intersection coûtera 10 points. Lors d’essais menés notamment à Tōkyō et Osaka, 81,6 % des conducteurs ont réussi, soit 12 points de moins qu’avec l’épreuve actuelle. Le gouvernement cherche ainsi à réduire les accidents mortels impliquant des conducteurs âgés, alors que les conducteurs de 75 ans et plus sont deux fois plus susceptibles d’en provoquer que les conducteurs plus jeunes.
Funérailles simplifiées
L’Agence de la maison impériale japonaise prévoit de réduire considérablement les cérémonies funéraires qui seront organisées à la mort de l’empereur émérite Akihito, conformément à ses souhaits. Âgé de 92 ans et largement retiré de la vie publique depuis son abdication en 2019, Akihito souhaite notamment limiter les perturbations pour la population. Lors du décès de son père, l’empereur Hirohito, en 1989, les cérémonies s’étaient étalées sur une longue période et avaient entraîné un important mouvement de retenue dans la société japonaise. Pour Akihito, le rite funéraire impérial Sōjōden-no-Gi pourrait être organisé au sein du palais impérial plutôt qu’en plein air. Son déroulement serait également simplifié et le nombre de participants réduit de plusieurs milliers par rapport aux funérailles de l’empereur Shōwa, auxquelles environ 10 000 personnes avaient assisté. L’empereur Naruhito et le prince héritier Fumihito auraient approuvé les souhaits de leur père. Une loi adoptée en 2017 prévoit pourtant que les funérailles d’un empereur émérite soient organisées selon les mêmes règles que celles d’un empereur en exercice. Akihito avait toutefois déjà exprimé, dès 2013, sa volonté d’alléger ses funérailles, notamment en prévoyant un mausolée plus petit et une crémation. Selon l’universitaire Isao Tokoro, cette volonté témoigne de sa considération pour la société japonaise et pourrait également traduire son souhait d’adapter les rituels impériaux, inspirés des monarchies européennes depuis l’ère Meiji, aux réalités du Japon contemporain.



